Le premier ministre Legault a fait de Gatineau la plaque tournante de la cybersécurité au Québec.

Legault annonce 17 millions $ pour l’industrie de la cybersécurité

Gatineau recevra une partie importante des 17 millions $ versés par Québec dans un projet visant à renforcer l’industrie de la cybersécurité dans la province.

À Gatineau, vendredi, le premier ministre François Legault a annoncé la création d’un projet pouvant créer jusqu’à 400 emplois «payants» d’ici cinq ans au Québec, principalement à Gatineau et à Montréal.

D’autres régions, comme celle de Québec, pourraient voir certaines de ses entreprises bénéficier du programme.

Lors de son annonce au Cégep de l’Outaouais, le premier ministre François Legault a mentionné que ce projet «devrait créer jusqu’à 400 emplois avec des salaires moyens de 90 000 $ par année».

Les 17 millions $ sont confiés à l’organisme sans but lucratif Prompt, dont la mission est de faciliter la création de partenariats, financer des chaires de recherche industrielles, et des centres de développement en technologie de l’information et des communications.

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La participation de Québec représente 25% du projet, dont la valeur totale atteint 68 millions $.

Le reste des sommes investies provient de l’industrie privée et de centres de recherches.

Dans le secteur public, on retrouve la Ville de Gatineau, huit universités et centres de recherche publics, un collège ainsi que l’incubateur Galilei (affilié à l’Université Concordia).

Le directeur général de Prompt, Luc Sirois, veut créer une «véritable industrie» capable d’exporter ses produits.

Projets

Concrètement, certains projets visent à assurer la fiabilité des identités numériques entre interlocuteurs, la création d’une intelligence artificielle permettant aux forces de l’ordre d’identifier les cybercriminels, développer des technologies protégeant les citoyens contre les cyberattaques croissantes. Ce genre d’industrie peut aussi développer des technologies pour les véhicules autonomes.

Le projet inclut d’autres organisations spécialisées dans la cybersécurité, comme In-Sec-M et CyberEco, et l’entreprise gatinoise Blue Bear, spécialisée en cybersécurité.

«Le projet de Prompt va permettre d’appuyer nos chercheurs et nos entrepreneurs pour développer de nouvelles solutions en cybersécurité, a commenté le premier ministre. On sait que les gouvernements et les entreprises de partout dans le monde ont de plus en plus de besoins en cybersécurité, donc je suis fier de voir qu’on développe une expertise dans ce domaine-là au Québec.»

Selon les responsables d’entreprises en technologies de l’information, ce projet permettra de relier leurs PME aux grandes entreprises, les universités, et les centres de recherche.

Le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, a souligné la création au Cégep de l’Outaouais d’un centre collégial de transfert de technologie spécialisé en cybersécurité.

En 2018, le gouvernement du Québec a fait un appel de projets afin d’encourager les partenariats d’investissement auprès des industriels et d’organismes afin d’accroître leur potentiel de croissance et d’innovation.

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QUATRE ENTREPRISES SE PARTAGENT LA MOITIÉ DE LA CAGNOTTE

Quatre grandes entreprises recevront la moitié des 17 millions $ versés par Québec dans son projet de renforcement de l’industrie de la cybersécurité au Québec. Les PME et les organismes publics recevront l’autre moitié.

Pour un projet d’un million $, par exemple, Québec accordera 250 000 $ à une institution ou une entreprise qui désire développer un produit ou améliorer ses connaissances en cybersécurité. Les 750 000 $ restants seront fournis par l’organisme ou l’entreprise.

Le projet, coordonné par l’organisme Prompt, regroupe cinquante sous-projets, quatre grandes entreprises (Deloitte, Desjardins, la Banque Nationale du Canada et Groupe RHEA), onze PME, la Ville de Gatineau, huit universités et centres de recherche publics, un collège ainsi que l’incubateur Galilei, affilié à l’Université Concordia.

Le directeur général de Prompt, Luc Sirois, affirme que les grandes entreprises sont encouragées à travailler avec les PME et les organismes publics en leur offrant des contrats.

M. Sirois confirme par ailleurs que la part des grandes entreprises représente la moitié des sommes prévues par Québec.

Pour le premier ministre François Legault, aider les grands ne nuit pas aux petits.

« Il faut sortir de cette dynamique où on essaie de laisser entendre que ce n’est pas une bonne idée d’aider une grande entreprise qui a un projet intéressant pour créer des emplois payants comme on en veut au Québec. »

M. Legault maintient que les sommes versées par Québec, 25 % d’un projet, « se paient rapidement sur un an, deux ans, en contributions fiscales ».

Le premier ministre a répété son objectif de créer des emplois « payants », en attirant de la main-d’œuvre qui gagne dans les 90 000 $ par année.

« Tous les gouvernements aident les PME et les grandes entreprises. »