«Je comprends que (les propos de M. Legault) ont créé toute une tempête en Alberta, a déclaré la ministre responsable des Relations canadiennes, Sonia LeBel. Nous ne sommes pas en guerre avec l'Alberta. (...) Notre intention n'était pas de les offenser.»

Le Québec n'est pas en guerre contre l'Alberta, assure la ministre LeBel

Les Québécois ne gagnent rien à voir le premier ministre François Legault brouiller ses liens avec l'Alberta, dénonce l'opposition officielle.

La porte-parole libérale en matière de Relations canadiennes, Kathleen Weil, est montée au front mercredi.

Elle a accusé le chef du gouvernement d'avoir mis de l'huile sur le feu la semaine dernière, en faisant une déclaration «inopportune» qui a provoqué un «fort ressentiment dans l'Ouest canadien».

Rappelons qu'à l'issue de la conférence des premiers ministres à Montréal vendredi dernier, M. Legault s'est opposé à la relance du projet d'oléoduc Énergie Est.

Ce projet, abandonné en 2017 par TransCanada, visait à transporter le pétrole des sables bitumineux albertain vers les raffineries de l'est du pays, en passant par le Québec.

«Énergie sale»

M. Legault a refusé cette «énergie sale» pour laquelle il n'y a pas d'acceptabilité sociale sur le territoire québécois, tout en soulignant que le Québec pouvait vendre son hydroélectricité.

Depuis, l'ex-député conservateur au fédéral et ex-chef du Parti Wildrose à la législature albertaine, Brian Jean, incite les Albertains au boycottage des produits québécois puisque le Québec reçoit «près de 60 % de toute la péréquation» «financée par le pétrole de l'Alberta».

«Compte tenu de la situation économique difficile en Alberta, le premier ministre devait bien savoir qu'il allait envenimer les relations», a déclaré Mme Weil à La Presse canadienne.

«Alors que l'objectif est d'augmenter les échanges commerciaux avec les autres provinces, je vois mal comment une telle déclaration contribue à cet objectif et bénéficie à l'économie québécoise», a-t-elle ajouté.

Le Québec n'est pas en guerre

Plus tôt, à son arrivée à la réunion du conseil des ministres, la ministre responsable des Relations canadiennes, Sonia LeBel, avait tenté de se faire rassurante, dans la foulée de l'appel au boycottage des produits québécois.

«Je comprends que (les propos de M. Legault) ont créé toute une tempête en Alberta, a-t-elle déclaré en anglais. Nous ne sommes pas en guerre avec l'Alberta. (...) Notre intention n'était pas de les offenser.

«Moi, je veux rassurer les Québécois et les gens de l'Alberta : les relations entre le Québec et l'Alberta ont toujours été excellentes, il y a toujours eu une belle collaboration», a-t-elle renchéri.

Pourtant, mardi, la première ministre albertaine Rachel Notley a demandé à son homologue québécois de descendre de ses grands chevaux et de réaliser que le Québec tire beaucoup d'avantages du pétrole albertain.

«Je dirais au nouveau premier ministre du Québec qu'il a besoin de descendre de ses grands chevaux, qu'il a besoin de jeter un coup d'œil à ce qu'il y a dans le sol et qu'il a besoin de comprendre que, non seulement notre produit n'est pas sale, mais qu'il finance les écoles, les hôpitaux, les routes et potentiellement certaines des infrastructures hydroélectriques au Québec», a-t-elle dit.

«Le but de l'intervention de M. Legault n'était pas de faire la leçon aux Albertains, ce n'était certainement pas de démontrer qu'on était peut-être meilleur que les autres», a poursuivi la ministre LeBel, en prenant soin, mercredi, de ne pas répéter l'expression utilisée par son chef.

Son attachée de presse, Nicky Cayer, a précisé aux journalistes que la ministre n'avait eu aucun échange avec son homologue albertain à ce sujet.