La ministre des Services sociaux et députée de Nepean, Lisa MacLeod

Le projet de revenu de base «échoue»

TORONTO — Le projet pilote de revenu de base visant à réduire la pauvreté en Ontario serait un échec et de nombreux participants auraient abandonné le programme, a déclaré mercredi le gouvernement progressiste-conservateur de la province, qui tente de défendre sa décision controversée de mettre fin au programme.

La ministre des Services sociaux et députée de Nepean, Lisa MacLeod, a annoncé que les participants au projet pilote allaient recevoir leur chèque après le mois d’août et que la date officielle de l’abolition du programme serait annoncée plus tard au cours du mois.

«Je voulais juste souligner, pour commencer, que le projet de recherche sur le revenu de base échoue, purement et simplement», a déclaré la ministre MacLeod lors de la période des questions.

«Le gouvernement libéral (précédent) avait du mal à recruter des gens pour cette approche. Maintenant, un nombre non négligeable de personnes, soit plus de 25 %, ont abandonné ou n’ont pas respecté leurs obligations dont celle de produire leur déclaration d’impôts. Ça remet en question si les 150 millions $ dépensés vont permettre de réaliser une étude valide», a-t-elle poursuivi.

Lisa MacLeod a annoncé la semaine dernière que le programme lancé l’an dernier par le précédent gouvernement prendrait fin parce qu’il coûte cher et qu’il n’atteint pas l’objectif pour lequel il a été créé.

Elle a minimisé les craintes de certains organismes communautaires selon lesquels le gouvernement cesserait les paiements à la fin du mois d’août.

«J’ai été très claire depuis la semaine dernière que le projet de recherche sur le revenu de base va prendre fin et que les détails seront divulgués éventuellement, a-t-elle réitéré. Mais j’ai été très claire sur le fait qu’il va y avoir une longue période de transition empreinte de compassion. Quiconque prétend qu’on va suspendre les chèques désinforme les gens et ce n’est pas correct.»

Au départ, le projet pilote de revenu de base devait durer trois ans et fournir des versements à 4000 personnes à faible revenu dans certaines communautés désignées, y compris Hamilton, Brantford, Thunder Bay et Lindsay. Les participants célibataires pouvaient recevoir jusqu’à 16 989 $ par année, tandis que les couples pouvaient toucher jusqu’à 24 027 $, moins 50 % de tout revenu gagné.

Michael Coteau, un député libéral qui a aidé à superviser la création du projet pilote à titre de ministre dans le gouvernement de Kathleen Wynne, a dénoncé la justification de l’administration de Doug Ford.

«Chaque jour, on dirait que la raison de l’annulation du programme change», a-t-il raillé. «Le fait est qu’on parle d’un gouvernement complètement chaotique. Ils ne savent pas ce qu’ils font. Leurs priorités n’ont rien à voir avec ce que veulent les Ontariennes et les Ontariens.»

«Quatre mille familles ontariennes viennent de se faire tirer le tapis sous les pieds, a ajouté Michael Croteau. Nous avons aboli un programme très innovant qui nous aurait procuré un très bon aperçu du futur.»

Pendant ce temps, des militants de la lutte contre la pauvreté en faveur du projet pilote se sont présentés mercredi à l’Assemblée législative de l’Ontario pour exhorter le gouvernement à ne pas annuler le programme.

Tom Cooper, de la table ronde de Hamilton sur la réduction de la pauvreté, a réclamé que la ministre MacLeod rende publics les rapports et les documents qui prouvent sa justification selon laquelle le pilote serait un échec.

«Si la ministre affirme que c’est ce que les fonctionnaires ont dit, alors publiez les notes d’information. Jetons-y un oeil. Soyez imputable. Soyez imputable particulièrement envers les 4000 personnes que ce gouvernement prive», a-t-il plaidé.

D’après M. Cooper, les fonctionnaires qui ont suivi le lancement du projet pilote au printemps dernier l’auraient informé qu’ils étaient très optimistes quant au projet.

Les participants ont été stupéfaits d’apprendre l’annulation du programme la semaine dernière, selon lui. «Ça nous est tombé dessus. Personne ne s’y attendait. Les gens se démènent et ils ont peur», résume-t-il.