Agent du Service de police d'Edmonton portant un hijab

Le PQ et la CAQ contre le port du hijab par une policière

L’histoire de l’étudiante en techniques policières qui porte le hijab et qui défend son droit de le porter dans le cadre de son emploi a eu des échos, jeudi matin, à l’Assemblée nationale.

Les médias de Québecor rapportaient jeudi qu’une étudiante de 17 ans était prête à tout pour exercer son futur métier au Québec. Sondos Lamrhari, qui est née à Montréal, est la première étudiante à porter le hijab dans un programme de techniques policières. 

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale n’ont pas tardé à rappeler leurs positions. En mêlée de presse, la porte-parole de l’opposition en matière de laïcité, Agnès Maltais, a indiqué que sous un gouvernement du Parti québécois, la jeune femme ne pourrait porter son hijab. 

«Elle doit soit abandonner cette idée de porter le hijab», soit se diriger vers un corps de police qui le permet, a commenté Mme Maltais. 

La députée de Taschereau a référé au cas de cette jeune femme à Gatineau qui, en octobre 2017, a dénoncé son père qui la battait parce qu’elle retirait son hijab lorsqu’elle quittait le domicile familial, notamment pour aller à l’école. 

«Quelles que soient les aspirations très légitimes de la jeune fille qui veut entrer dans la police, je dis ceci. Du côté du Parti québécois, nous nous plaçons du côté des victimes potentielles. En ce sens nous conservons notre position», a défendu Agnès Maltais. 

La députée caquiste Geneviève Guilbault a elle aussi affirmé qu’une femme policière souhaitant porter le hijab dans ses fonctions ne pourra pas le faire si son parti prenait le pouvoir en octobre. 

«La position est bien claire : on interdit le port de signes religieux, pas seulement le voile, pour les employés de l’État [en position d’autorité]. Elle peut travailler, à condition de retirer le voile pendant la prestation de services», a dit la députée. Elle a rappelé que son parti s’aligne avec les positions du rapport Bouchard-Taylor. 

«C’est triste d’entendre ça de la part des partis d’opposition. C’est triste de casser les rêves d’une jeune fille qui est déterminée, qui souhaite s’intégrer dans un métier non traditionnel. C’est triste de dire à une jeune fille [qu’elle ne peut pas] poursuivre ses rêves au Québec parce que sa foi nous dérange», a réagi la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. 

Des journalistes ont demandé si le débat serait le même aujourd’hui si le gouvernement avait décidé, dans son projet de loi sur la neutralité religieuse, d’encadrer le porte de signes religieux par les employés de l’État en position d’autorité. 

«Régler la situation, c’est quoi? C’est de retenir la position des collègues? C’est interdire le port des signes religieux? C’est interdire à cette jeune fille d’aller au bout de ses rêves au Québec?», a répondu la ministre, agacée par la question.