La chef libérale, Kathleen Wynne, a promis d’accélérer la phase 2 du train léger d’Ottawa.

Le pied sur l’accélérateur du O-Train

À trois semaines du scrutin provincial, les Libéraux de Kathleen Wynne, de nouveau actifs sur le terrain à Ottawa, ont annoncé, jeudi matin, qu’ils comptaient accélérer la mise en piste de la deuxième phase du train léger d’Ottawa.

L’étape 2 de l’O-Train devrait donc commencer quelques mois après l’achèvement de la ligne de la Confédération qui verra le jour cet automne. On confirme ainsi l’ajout total de 40 kilomètres de trajet et 24 nouvelles stations pour cette seconde étape qui impliquera un investissement de plus d’un milliard de dollars.

Les libéraux en ont profité pour décocher une salve de critiques contre Doug Ford qui promettait, mercredi, de réduire le prix du litre d’essence de 0,10 $, s’il prend le pouvoir. Aucune explication sur le manque à gagner que cela entraînerait dans les coffres de la province n’a cependant été avancée. 

Ford prévoit en fait de réduire la taxe provinciale sur l’essence de 0,057 $ le litre et d’éliminer le programme de plafonnement et d’échange sur les émissions de gaz à effet de serre qui coûte aux automobilistes 0,043 $ par litre d’essence. 

Pour Kathleen Wynne, la taxe sur l’essence est un poumon financier pour les infrastructures de transport dans la province et l’annonce de Doug Ford n’est que pure hérésie.

Inquiétudes

Il y a cette « inquiétude que nous avons ici à Ottawa et au sein de la province quant aux commentaires que M. Ford fait à tous ses arrêts, concernant son engagement dans les infrastructures. Il dit toujours qu’il n’y a rien qui ne sera pas revu et une revue, ça veut dire qu’on va faire un arrêt. Et ce que le maire (Jim Watson) a toujours demandé [...] c’est qu’il n’y ait pas d’arrêt (entre deux phases de prolongement du train rapide) parce que ça veut dire que l’expertise, les travailleurs se remobilisent ailleurs », expliquait au Droit, la ministre-députée d’Orléans, Marie-France Lalonde.

Les Libéraux ontariens entendent même doubler en 2021 et 2022 la portion de la taxe provinciale sur l’essence qui revient aux municipalités.

De passage à Ottawa, en février dernier, alors qu’il concourait à la chefferie du Parti progressiste-conservateur, Doug Ford avait dit appuyer le train léger d’Ottawa, mais s’était plaint de la lenteur des travaux. 

Un règne conservateur à Queen’s Park pourrait bien remettre en question bien des déclarations lancées, jeudi matin, dans la cour Walkley d’OC Transpo.

FORD DOIT ACCEPTER LA DÉMISSION D'UN CANDIDAT

TORONTO — Doug Ford a dû accepter jeudi la démission d’un candidat progressiste-conservateur après avoir appris qu’il était soupçonné d’avoir volé les renseignements personnels de 60 000 consommateurs.

Simmer Sandhu, qui était candidat du parti dans Brampton-East, a remis sa démission mercredi soir, invoquant des allégations anonymes concernant sa vie professionnelle et sa campagne à l’investiture. M. Sandhu rejette les allégations et promet de se défendre vigoureusement.

L’entreprise qui exploite l’autoroute à péage 407 Express a révélé que les renseignements personnels d’environ 60 000 clients avaient été volés de ses bureaux « au cours des 12 derniers mois ». Après ce « vol à l’interne », la compagnie a prévenu la police, le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada et la ministre des Transports de l’Ontario.

Lorsqu’on a demandé à M. Ford si des candidats conservateurs avaient pu utiliser ces renseignements personnels pour s’assurer d’une victoire lors d’assemblées d’investiture, le chef a simplement indiqué qu’il n’avait appris la chose que mercredi et qu’il acceptait la démission de M. Sandhu.

Doug Ford, qui faisait campagne à Cambridge, a accepté la démission d’un de ses candidats. Ce dernier aurait volé des renseignements personnels.

De leur côté, les chefs néo-démocrate et libérale ont rappelé jeudi des promesses ou des initiatives concernant le transport collectif. La veille, Doug Ford avait promis d’aider plutôt les automobilistes en réduisant le prix de l’essence de 10 cents le litre, notamment en faisant sortir l’Ontario de la « bourse du carbone ». M. Ford est toutefois demeuré vague sur la façon dont il gérera ce manque à gagner de plus de 3 milliards $ en recettes fiscales.

Par ailleurs, les municipalités reçoivent de cette taxe provinciale sur l’essence deux cents le litre, pour des dépenses dédiées exclusivement au transport collectif. Le gouvernement libéral a annoncé l’an dernier que cette redevance serait haussée à 2,5 cents le litre en 2019, et atteindrait 4,0 cents d’ici 2021 — des augmentations que les conservateurs veulent honorer.

La chef du Nouveau Parti démocratique, Andrea Horwath, a promis quant à elle que son gouvernement financerait la moitié des coûts d’exploitation des transports publics municipaux. Elle a fait cette annonce devant une station du métro de Toronto, qui bénéficierait largement de ce financement provincial. Mme Horwath a aussi promis une nouvelle ligne au centre-ville de Toronto pour désengorger le réseau.

Et la chef néo-démocrate a, elle aussi, dénoncé les promesses floues du chef progressiste-conservateur. 

« J’ai bien hâte de voir M. Ford présenter un plan concret parce que jusqu’ici, on n’a rien vu, et les gens méritent mieux que ça », a-t-elle soutenu.

M. Ford n’a pas encore dévoilé le cadre financier détaillé de ses engagements électoraux.

WATSON SONDE LES CANDIDATS ET LES CHEFS

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, s’immisce dans la campagne électorale provinciale en demandant aux candidats locaux et aux chefs de partis de se prononcer sur des enjeux touchant la ville d’Ottawa.

Un questionnaire a été envoyé jeudi et les réponses reçues seront publiées sur le site www.jimwatsonottawa.ca le 4 juin prochain.

L’objectif est de connaître la position de chaque parti sur les enjeux locaux.