«Malgré tout, nous sommes très heureux de voir un travail accompli de façon exceptionnelle», a exprimé le chef par intérim du PLQ, Paul Arcand, après la défaite de Gertrude Bourdon, ici à droite.

Le Parti libéral rayé de la carte dans la région de Québec

Il n’y a plus aucune trace du Parti libéral du Québec (PLQ) dans la région de Québec. Gertrude Bourdon n’a pas réussi à reprendre le siège dans Jean-Talon, laissé vacant par Sébastien Proulx.

Le château n’était pas si fort que ça lundi, la couleur de la circonscription a finalement changé. Mme Bourdon s’inscrit au deuxième rang avec un peu plus de 23 % des votes, derrière la gagnante caquiste Joëlle Boutin.

«Ce n’est pas juste de gagner qui compte, c’est de se battre. […] On ne perd jamais en politique, parce qu’on apprend beaucoup. J’ai le sentiment du devoir accompli et c’est gratifiant», a lancé l’ancienne directrice générale du CHU de Québec, qui s’est pointé le bout du nez dans son rassemblement vers 21h30. 

C’est une Gertrude Bourdon émue qui s’est adressée aux partisans. Elle a remercié tous ses proches et l’équipe libérale pour leur implication dans sa campagne. 

«Je veux dire un immense merci à tous les électeurs, tous les citoyens de Jean-Talon qui ont cru en moi […] À vous tous et toutes, je vous dis à la prochaine!»

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La circonscription de Jean-Talon est de couleur rouge depuis 1966. Lors des dernières élections partielles, le PLQ avait conservé son siège sans problème. Yves Bolduc avait pris le relais de Philippe Couillard en 2008, pour ensuite laisser sa place à Sébastien Proulx en 2015. 

Après avoir résisté à la vague bleue l’an dernier et remporté son siège avec 32,58 % des voix, M. Proulx a démissionné au mois d’août. Cette fois, la popularité du parti dans Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge n’aura pas suffi. 

«Malgré tout, nous sommes très heureux de voir un travail accompli de façon exceptionnelle», a exprimé le chef par intérim du PLQ, Paul Arcand.

Ce dernier a rendu hommage à sa candidate «modèle», qui aurait fait une campagne «sans faute». 

«Nous savions que cette lutte serait une lutte difficile, sauf que nous nous sommes bien battus. Les citoyens ont fait leur choix, et nous le respectons», a ajouté M. Arcand. 

Aux élections générales de l’an dernier, Mme Bourdon s’était glissée au troisième rang des résultats dans Jean-Lesage, avec 17,92 % du vote. 

«Plus unis que jamais»

La majorité des députés libéraux sont venus à Québec lundi, afin de soutenir leur candidate. Tandis que plusieurs ont observé le dépouillement du rassemblement libéral, d’autres sont demeurés aux côtés de Mme Bourdon jusqu’à la fin de la soirée, tels que Pierre Arcand et Enrico Ciccone. Parmi les têtes connues, on a pu voir Lise Thériault, Dominique Anglade, Hélène David ou Isabelle Melançon. 

L’équipe regardait les résultats avec excitation et intérêt, tout au long de la soirée, Québec Solidaire leur a fait retenir leur souffle. Le deuxième étage du restaurant Les 3 Brasseurs de la Place Sainte-Foy était plein. 

«Cette campagne nous aura permis à nous tous de nous rapprocher et être encore plus unis que jamais. Nous allons travailler fort pour regagner le cœur des Québécois et des Québécoises», a aussi dit M. Arcand, tout aussi ému que sa candidate et son «député parrain», M. Ciccone.

La dernière fois que les libéraux ont eu chaud dans Jean-Talon remonte à 1998, alors que Margaret F. Delisle l’avait emporté avec seulement 156 voix d’avance. 

Il s’agit du troisième siège que le PLQ perd aux mains de la Coalition Avenir Québec (CAQ) lors d’une élection partielle. Geneviève Guilbault a notamment pris les commandes de Louis-Hébert en 2017. Les députés libéraux se trouvent maintenant seulement dans la région de Montréal et celle de l’Outaouais.

Solidaires: bons troisièmes

Québec Solidaire (QS) et le PLQ se sont échangé la deuxième place à plusieurs moments pendant la soirée. 

En 2018, QS avait récolté 19,18 % des votes dans Jean-Talon, avec Patrick Provost comme candidat. Pour cette élection partielle, Olivier Bolduc a frappé avec environ 18 % des votes.

«Je ne baisserai jamais les bras. À 2022, les amis», a laissé savoir le candidat devant tous les solidaires rassemblés à La Voix Maltée.

Ce que QS retient, c’est la chute du PLQ et celle du Parti québécois, alors que leur parti conserve ses chiffres et sa popularité. Ce résultat bien que décevant fait sourire les solidaires pour 2022. Manon Massé était d’ailleurs à Québec lundi pour motiver les troupes et supporter son candidat. 

Des «embûches bureaucratiques majeures» rencontrées par les jeunes pour s’inscrire ont rendu la campagne plus difficile pour QS, selon Gabriel Nadeau Dubois. Il déplore entre autres qu’il n’y ait pas de bureaux de vote sur les campus lors d’élection partielle. 

Olivier Bolduc juge que ces «embûches» représentent une entrave à la démocratie. «Pour créer la surprise, il aurait fallu un vote fort chez les jeunes», a conclu Gabriel Nadeau-Dubois.