La ministre de la Prospérité de la classe moyenne et ministre associée des Finances, Mona Fortier

Le ministère de Mona Fortier traité de «symbolique»

Le nouveau ministère de la Prospérité de la classe moyenne suscite du scepticisme à la Fédération canadienne des contribuables (FCC) qui se demandait encore vendredi, 48 heures après sa création, à quoi tout cela rimait.

« La plupart des gens pensaient que c’était une farce en entendant le nom. Ça en dit long », a réagi vendredi le directeur fédéral de la FCC, Aaron Wudrick.

D’ailleurs, sur les réseaux sociaux, des internautes ont poussé le nom en dérision en disant qu’il manquait dans l’appellation du ministère « et ceux qui travaillent fort pour en faire partie », faisant ainsi référence aux propos répétés souventefois par le premier ministre Justin Trudeau.

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La nouvelle ministre de la Prospérité de la classe moyenne et députée fédérale d’Ottawa-Vanier, Mona Fortier, n’a toujours pas reçu sa lettre de mandat du premier ministre Trudeau, un document qui énumère les tâches qu’elle devra accomplir.

Vendredi, après une réunion avec le maire d’Ottawa Jim Watson en compagnie de la nouvelle ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, Catherine McKenna, Mme Fortier a tenu à préciser qu’en plus du ministère de la Prospérité de la classe moyenne, elle a aussi obtenu le poste de ministre associée des Finances.

« Alors vous voyez déjà un rôle pour qu’on s’assure d’avoir une lentille, comment on va faire pour croître la classe moyenne et aussi s’assurer d’avoir une économie forte. Ça fera partie de mon mandat de m’assurer qu’on puisse représenter les différentes réalités régionales au niveau économique et aussi en situation urbaine et rurale pour s’assurer de répondre aux besoins de la classe moyenne », a-t-elle expliqué.

Une étude La Presse-Statistique Canada dévoilée en septembre dernier révélait que 41,9 % des Canadiens se situaient dans la classe moyenne en 2017. L’étude indique qu’un couple avec deux enfants fait partie de la classe moyenne si ses revenus se situent entre 63 700 $ et 127 400 $, après impôts. Pour une personne seule, son revenu doit se situer entre 31 800 $ et 63 700 $, toujours après impôts, précise l’étude La Presse-Statistique Canada. Un ministre fédéral empoche environ 264 000 $ par an, ce qui le place dans le 1 % des personnes les plus riches, a noté M. Wudrick.

Le porte-parole de la FCC a précisé que la prospérité est évidemment importante pour tout gouvernement, mais ce n’est pas clair, selon lui, pourquoi le gouvernement fédéral a voulu créer un tout nouveau ministère avec le mot prospérité dans le titre.

« Je crois que c’est un gouvernement trop centré sur le symbolisme et pas assez sur des cibles précises qu’il sait comment atteindre », a analysé M. Wudrick.