L'ancienne ministre libérale Jody Wilson-Raybould a publié son livre «From Where I Stand» vendredi.

Le gouvernement Trudeau n’a pu saisir les occasions, écrit Wilson-Raybould

Le gouvernement libéral a perdu des occasions d’apporter des changements significatifs à la vie des Autochtones au cours des quatre dernières années, soutient l’ancienne ministre libérale Jody Wilson-Raybould, qui publie vendredi un nouveau livre.

«Des progrès ont été réalisés sur les questions autochtones, mais on ne peut pas affirmer avec certitude que le cap du navire a été modifié pour le diriger vers une nouvelle direction, loin du reniement et vers la reconnaissance», écrite Mme Wilson-Raybould dans l’introduction de son livre From Where I Stand.

«Avec du courage, un leadership et des mesures axées sur le changement, on aurait pu en faire plus», ajoute-t-elle.

Ce livre ne révèle pas grand-chose sur son passage au conseil des ministres ni sur les frictions entre elle et le premier ministre Justin Trudeau ainsi que ses principaux conseillers pendant la controverse au sujet de SNC-Lavalin. Son refus d’obtempérer aux demandes du cabinet l’a finalement évincée du conseil des ministres.

Le mois dernier, le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Mario Dion, a déclaré que M. Trudeau avait contrevenu à la Loi sur les conflits d’intérêts en exerçant indûment des pressions sur l’ancienne procureure générale pour qu’elle mette fin aux poursuites pénales engagées contre la firme de génie montréalaise.

Dans son livre, Mme Wilson-Raybould ne mentionne qu’une seule fois le nom de SNC-Lavalin.

Le livre rassemble plutôt ses discours au cours des 10 dernières années. Les premiers ont été prononcés lorsqu’elle était cheffe régionale de l’Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique. Ils portent sur les droits des peuples autochtones, l’autonomie gouvernementale et la réconciliation.

Celle qui se présente à titre de candidate indépendante dans la circonscription de Vancouver Granville fait clairement savoir qu’elle a été déçue par la façon dont le gouvernement a géré ces dossiers, compte tenu des grandes attentes que les libéraux avaient soulevées.

«Ma crainte et ma déception viennent du fait que même si nous sonnions l’alarme, même si je donnais des conseils, même si nous partagions les points de vue, même si nous jetions une nouvelle lumière sur la réalité autochtone, le gouvernement fédéral s’est placé en mode de «gérons le problème» et a procédé à des changements graduels et limités plutôt que de renverser le statu quo», écrit Mme Wilson-Raybould dans un chapitre tiré d’un discours prononcé en avril.

La façon avec laquelle le gouvernement libéral s’est occupé de son engagement d’adopter un nouveau cadre législatif pour permettre aux peuples autochtones d’obtenir des droits plus sûrs et un meilleur contrôle de leur destin l’a aussi frustré, reconnaît-elle.

La politique fédérale est rapidement devenue une source de tension entre Mme Wilson-Raybould et certains ministres, dont celle des Relations des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett.

L’auteure exprime aussi sa frustration devant la façon dont les femmes sont traitées en politique, particulièrement les femmes autochtones. Elle ne se considérait pas elle-même comme une féministe avant son arrivée dans la capitale fédérale et, surtout, ses déboires qui l’ont menée à démissionner du conseil des ministres et à son expulsion du caucus libéral.

«Cette expérience m’a fait voir plus clairement que jamais qu’Ottawa, la politique et ses modes de fonctionnement maintiennent des normes et des modèles qui ne sont pas toujours compatibles avec ma culture, ma vision du monde ou mon genre, a-t-elle écrit en introduction. Certes, la société a changé et la politique a changé. Et nous pouvons être fiers en tant que Canadiens de ce fait. Mais la société canadienne n’a toujours pas suffisamment changé.»

Mme Wilson-Raybould a remporté le comté de Vancouver Granville en tant que candidat libéral vedette en 2015, obtenant 44 pour cent des suffrages.

Cette fois-ci, elle affronte une candidate libérale Taleeb Noormohamed, une néo-démocrate, Yvonne Hanson, et un conservateur, Zach Segal. Une candidate du Parti vert, Louise Boutin, est aussi sur les rangs.