Le nouveau premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs

Le gouvernement Higgs promet un budget équilibré d’ici 2020 au plus tard

FREDERICTON - Le nouveau gouvernement conservateur minoritaire du Nouveau-Brunswick a présenté mardi un discours du Trône qui cherche à jeter des ponts vers les partis de l’opposition, mais qui évite aussi d’évoquer les dossiers controversés, comme l’exploitation du gaz de schiste.

Le discours présenté mardi prévoit notamment un budget équilibré d’ici mars 2020, au plus tard, ainsi que l’élimination graduelle de l’impôt applicable aux petites entreprises et de la double imposition foncière des biens secondaires - «deux impôts qui découragent la prise de risques et l’initiative», soutient le gouvernement. Les conservateurs promettent aussi de réduire les cotisations de l’employeur à l’agence Travail sécuritaire NB.

À l’extérieur de l’Assemblée législative, le premier ministre Blaine Higgs a indiqué que les agences de notation avaient prévenu le gouvernement libéral précédent d’une possible décote du Nouveau-Brunswick. «Je ferai tout, avant (la fin de l’exercice) le 31 mars, pour montrer aux agences de notation que nous sommes sérieux et que nous allons gérer notre situation financière», a-t-il déclaré.

Par ailleurs, au lendemain de l’annonce des modifications apportées aux services ambulanciers dans la province, le nouveau gouvernement expose en détail d’autres mesures visant à améliorer le système de soins de santé - notamment un réexamen du contrat avec le fournisseur privé Services de santé Medavie pour les soins à domicile. Le gouvernement Higgs promet aussi de travailler afin de réduire les temps d’attente pour les interventions chirurgicales, en collaborant étroitement avec les régies régionales de la santé.

M. Higgs déclarait lundi à La Presse canadienne qu’il espérait pouvoir lever le moratoire sur la fracturation hydraulique pour l’exploitation du gaz de schiste dans la région de Sussex, mais cette question n’a pas été spécifiquement mentionnée dans le discours du Trône, mardi.

Le chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin - qui s’est engagé à soutenir le gouvernement conservateur pendant au moins 18 mois -, soutient que c’est lui qui a demandé au premier ministre de ne pas évoquer la question du gaz de schiste. «Dans un gouvernement minoritaire, nous ne voulons pas nous attaquer à des questions controversées à ce stade», a déclaré M. Austin.

Contre la tarification du carbone

En éducation, le gouvernement Higgs a en outre pour objectif un taux de réussite de 85 pour cent en lecture à la fin de la deuxième année du primaire. Par ailleurs, les conservateurs veulent également relancer le processus de réduction de la pauvreté, rouvrir le Programme des candidats des provinces à l’intention des immigrants, et examiner les programmes qui aident les nouveaux arrivants à démarrer leur entreprise.

Le discours du Trône reprend aussi la promesse de M. Higgs de se joindre à d’autres provinces dans la lutte contre la tarification fédérale du carbone, qui doit entrer en vigueur en 2019. Les conservateurs acceptent tout de même le consensus scientifique qui veut «que les changements climatiques sont bien réels et que l’activité humaine influe sur ceux-ci», et ils envisagent de créer un poste de haut fonctionnaire de l’Assemblée législative qui serait chargé de la science et des changements climatiques.

Les progressistes-conservateurs ont prêté serment il y a deux semaines après avoir renversé le gouvernement libéral minoritaire de Brian Gallant lors d’un vote de confiance sur le discours du Trône, avec le soutien des trois députés de l’Alliance des gens - qui voteront en faveur du discours du Trône. Le chef du Parti vert, David Coon, a trouvé beaucoup de «points de convergence» dans ce discours, mais il a indiqué mardi qu’il lui faudra plus de temps pour décider s’il l’appuiera.

Le chef de l’opposition libérale, Brian Gallant, y a aussi vu de bons éléments, comme les investissements dans les soins à domicile. «Nous, on l’a fait, et on est très fiers qu’il y aura une continuation, a-t-il dit en français. On est prêts à travailler avec eux dans ce dossier très important.» Il est par ailleurs déçu que le discours du Trône ne mentionne pas spécifiquement le maintien des programmes qu’il avait mis sur pied en matière de droits de scolarité et de garderies.

M. Gallant se réjouit par contre de la cible de l’équilibre budgétaire pour 2020, et du fait que ce gouvernement minoritaire veuille collaborer, même si les libéraux et les verts n’ont pas été consultés sur ce discours du Trône - seule l’Alliance l’a été. «Cela démontre, je pense, un peu comment ce gouvernement allianciste-conservateur veut fonctionner», a laissé tomber le chef libéral.