Doug Ford sera assermenté vendredi.

Le gouvernement Doug Ford commence vendredi

TORONTO — Même s’il ne deviendra officiellement premier ministre de l’Ontario que vendredi, Doug Ford a déjà mis en branle plusieurs de ses projets - et une politologue prédit que le chef du Parti progressiste-conservateur ne perdra pas de temps pour agir.

Dans les semaines qui ont suivi la victoire écrasante de son parti au scrutin du 7 juin, M. Ford a promis de retirer très rapidement l’Ontario du système de plafonnement et d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre, communément appelé «bourse du carbone». Cette annonce a entraîné l’annulation de plusieurs initiatives d’énergie verte qui sont financées par le programme d’abord mis sur pied par le Québec et la Californie.

M. Ford a également décrété un gel de l’embauche dans la fonction publique ainsi que des dépenses discrétionnaires telles que les repas pour les réunions du personnel.

Les conservateurs ont également demandé à l’association des médecins de rouvrir les négociations plutôt que de procéder comme prévu à l’arbitrage.

Geneviève Tellier, professeure de science politique à l’Université d’Ottawa, trouve inhabituel qu’un gouvernement adopte de telles mesures importantes avant même l’assermentation du cabinet. Selon elle, cela démontre que M. Ford ne badinera pas avec son programme, et que les Ontariens doivent s’attendre à le voir respecter assez rapidement plusieurs de ses promesses.

Par contre, une telle célérité dans l’action comporte des risques, en particulier lorsqu’il s’agit de politiques publiques complexes qui ont des ramifications profondes, comme la tarification du carbone, estime la professeure Tellier.

Le premier ministre désigné n’a pas encore précisé à quel moment il convoquera l’Assemblée législative, mais il a prévenu qu’il voulait s’atteler à son programme rapidement.

M. Ford, qui a fait campagne en grande partie sur une promesse de «saine gestion» - mais n’a pas publié de plateforme électorale entièrement chiffrée -, s’est engagé à réclamer une vérification comptable «ligne par ligne» des dépenses du gouvernement, afin d’»éliminer le gaspillage». Il a également promis de dénicher des milliards de dollars d’économies chaque année sans éliminer des emplois, et de rétablir l’équilibre budgétaire d’ici la troisième ou la quatrième année de son mandat.

La professeure Tellier estime que l’un des plus grands défis de M. Ford au cours de la prochaine année sera probablement de financer ses promesses électorales. Le premier ministre pourrait présenter un budget cet automne, mais il est plus probable qu’il présentera plutôt une mise à jour économique, a ajouté Mme Tellier.

Presque toutes les mesures annoncées dans le dernier budget des libéraux avaient été adoptées par le gouvernement avant les élections, ce qui signifie que M. Ford devra légiférer afin d’annuler les initiatives auxquelles il s’oppose, rappelle la professeure Tellier. Le chef conservateur a ainsi promis de remplacer la hausse du salaire minimum prévue pour l’an prochain par un crédit d’impôt.

L’accent mis par M. Ford sur l’austérité budgétaire aura probablement aussi une incidence sur la taille et la composition de son cabinet, prédit Mme Tellier. Le chef conservateur a projeté à l’avant-scène une poignée de candidats pendant la campagne - notamment ses anciennes rivales dans la course à la direction du parti, Christine Elliott et Caroline Mulroney, ainsi que Vic Fedeli, qui avait été chef par intérim des progressistes-conservateurs.

M. Ford et son cabinet vont prêter serment vendredi matin dans le foyer de l’Assemblée législative, avant de tenir une cérémonie publique devant Queen’s Park.