Gabriel Nadeau-Dubois

Le gouvernement Couillard plus «opaque» que ce qu’il avait annoncé

Les partis d’opposition n’ont pas manqué de condamner le manque de transparence du gouvernement Couillard, jeudi, à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de presse. Gabriel Nadeau-Dubois a déposé une motion à l’Assemblée nationale visant à reconnaître la liberté de presse, mais celle-ci a été battue par les libéraux.

La motion comprenait quatre paragraphes, dont le premier soulignait la Journée de la liberté de la presse. Le second reconnaissait le rôle joué par une presse libre pour favoriser une saine démocratie, qui nécessite en revanche la transparence des pouvoirs publics. 

Le ton change, toutefois, dans la deuxième moitié de la motion. Les deux paragraphes suivants étaient rédigés comme suit: 

«[Que l’Assemblée nationale] souligne que le premier ministre s’est engagé, en début de mandat, à diriger le gouvernement le plus transparent de l’histoire», puis «Que l’Assemblée nationale prenne acte que les directions des principaux médias du Québec, le Conseil de la presse et la Fédération professionnelle des journalistes du Québec jugent que les faits contredisent cet engagement.»

Aussitôt, le leader adjoint du gouvernement s’est levé pour ne pas offrir le consentement de sa formation politique à débattre de la motion.

La motion portée par Québec solidaire visait à s’inscrire dans le débat entourant la transparence du gouvernement Couillard. Aussitôt élu en 2014, le premier ministre avait déclaré que son gouvernement serait le plus transparent de l’histoire du Québec. Les partis d’opposition, quatre ans plus tard, dénoncent que les libéraux aient emprunté le chemin inverse.

En début de semaine, les patrons de plusieurs médias québécois, ainsi que les dirigeants de la Fédération professionnelle des journalistes et du Conseil de presse, ont cosigné une lettre exigeant du gouvernement une réforme de la loi sur l’accès à l’information. 

La ministre Kathleen Weil s’est alors engagée à déposer prochainement un projet de loi. Or, personne au sein de l’équipe libérale n’a pu confirmer que la pièce législative sera adoptée avant la fin de la session parlementaire.