Scott Moe est premier ministre de la Saskatchewan depuis près d’un an, et son opposition à la taxe sur le carbone l’a grandement aidé à définir son style de leadership.

Le début de mandat de Scott Moe marqué par sa croisade contre la taxe carbone

REGINA — Scott Moe est premier ministre de la Saskatchewan depuis près d’un an, et son opposition à la taxe sur le carbone l’a grandement aidé à définir son style de leadership.

Il voit cette taxe fédérale comme l’un des plus gros écueils économiques auxquels est confrontée sa province. Après avoir succédé à Brad Wall à la fin du mois de janvier dernier, Scott Moe a demandé à la Cour d’appel de la Saskatchewan de trancher sur la constitutionnalité de l’imposition de cette taxe par Ottawa.

La province soutient que son propre plan de lutte contre les changements climatiques, qui ne prévoit pas de taxe sur le carbone, suffit pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

«Nous devons nous assurer de pouvoir tenir tête à ces politiques et de pouvoir continuer à faire croître notre économie afin de pouvoir investir dans les services auxquels les gens s’attendent», a-t-il fait valoir lors d’une entrevue de fin d’année avec La Presse canadienne.

Scott Moe s’est aligné avec son homologue ontarien, Doug Ford, lui aussi en croisade contre la taxe sur le carbone. Ils se sont visités à deux reprises et ont même tenu un point de presse commun lors de la conférence des premiers ministres au Nouveau-Brunswick cet été.

M. Moe est le premier à admettre qu’il emploie un style différent de celui de Brad Wall. Ce dernier s’était toujours classé parmi les premiers ministres les plus populaires et les plus connus au pays.

Mais M. Moe affirme que marcher dans les pas de son prédécesseur n’a jamais été son objectif.

«J’ai juste essayé d’être moi-même et je pense que c’est important pour connaître du succès», soutient-il.

Le chef de l’opposition saskatchewanaise est lui aussi relativement inexpérimenté.

Le néo-démocrate Ryan Meili, à la tête du parti depuis mars dernier, a fait des enjeux de santé mentale et des questions autochtones ses principales préoccupations.

Il croit que la province devrait abandonner ses démarches judiciaires quant à la taxe sur le carbone.

«Ce qui m’inquiète, c’est qu’ils (le gouvernement) n’ont pas de plan B, expose-t-il. Ils ont cette cause qui, selon presque tous les experts, a très peu de chances de réussir. Et même si elle réussit, il faudra attendre des mois et peut-être même des années.»

M. Meili dénonce l’inaction gouvernementale sur le plan environnemental - une «honte», dit-il.

La cour d’appel entendra la cause en février.