Yves-François Blanchet était à Sherbrooke lundi pour discuter avec des militants.

Le chef du Bloc entrevoit le meilleur pour son parti

Le Bloc québécois est toujours en vie selon le chef du parti, Yves-François Blanchet. Comme les votes souverainistes ne seront pas divisés au fédéral, le Bloc pourrait sortir fort lors des prochaines élections.

« Les années les plus glorieuses sont celles qui s’en viennent, lance le chef du parti, mais bon, ce n’est pas à moi de décider ça! Il faut prendre ça avec une certaine humilité. On a été nos pires adversaires pendant un bon moment. Il va falloir du temps avant que les gens nous fassent à nouveau confiance. Maintenant, depuis décembre, on a eu nos meilleurs mois de financement depuis des années. Il y a des journées où ça rentre par milliers de dollars sans qu’on ne fasse rien. On n’a pas un trésor de guerre de millions de dollars comme les libéraux et les conservateurs, mais on va avoir les mêmes ressources pour le territoire québécois qu’eux. »

M. Blanchet, qui est passé au Siboire Dépôt du centre-ville de Sherbrooke lundi pour discuter avec les citoyens à l’occasion d’un 5 à 7, assure qu’il ramènera le sujet de la souveraineté aux prochaines élections. « Au Québec, il y a des souverainistes qui ont voté pour le PQ, d’autres ont voté pour QS et d’autres se sont réfugiés à la CAQ. Au fédéral, il n’y a qu’un seul parti qui représente la souveraineté et c’est le Bloc. Si on n’avait qu’une fraction du vote des péquistes, des solidaires et de la CAQ à la hauteur de l’appui à la souveraineté qui est entre 30 et 35 %, le Bloc reprendrait la majorité des sièges », analyse celui qui a succédé à Mario Beaulieu.

En région

De plus, l’environnement sera un thème important de la prochaine campagne électorale. Le projet de François Rebello de faire un train passager reliant Sherbrooke et Montréal intéresse M. Blanchet. « On ne traite jamais du transport des régions, à l’intérieur des régions et entre les régions. Si on veut être sérieux en terme d’environnement, qu’on veut arrêter de dérouler des rubans d’asphalte un peu partout, il faut favoriser le transport collectif. Je serais le premier à le prendre. La qualité du service en transport collectif interurbain au Québec est risible. Un projet de transport ferroviaire vers Sherbrooke — et on sait que Sherbrooke peut devenir un axe vers les États-Unis —, ça me semble une excellente idée. Je suis assurément disposé à rencontrer les promoteurs du projet et je m’attendrais à ce qu’on devienne des porteurs formellement », décrit-il.

Le dossier de l’aéroport de Sherbrooke sera aussi touché par le chef du Bloc. « Le gouvernement fédéral, car il ne veut pas ramasser la facture, prive Sherbrooke d’un aéroport international. C’est une des premières régions au Québec qui devrait l’avoir! La position stratégique permettrait rapidement de développer des infrastructures et un achalandage. Je pense que ça devrait être mis en priorité, mais Ottawa ne veut pas payer le bill. [...] Si 30 ou 35 députés du Bloc vont à Ottawa cet automne, c’est suffisant pour donner à des cas comme Sherbrooke leur aéroport. C’est un engagement qu’on peut prendre de façon très claire », assure Yves-François Blanchet.

En agriculture, M. Blanchet déplore le fait que les fermes laitières aient été « jetées en pâture dans le traité de libre-échange américain pour protéger l’industrie automobile de l’Ontario ».