Le transport de liquides inflammables par train, comme le pétrole brut qui avait causé la tragédie de Lac-Mégantic a été retiré de la Liste de surveillance du BST.

Le BST tente de rassurer les municipalités sur le transport de pétrole par train

OTTAWA — Le Bureau de la sécurité des transports (BST) tente de rassurer les municipalités québécoises sur le transport ferroviaire de liquides inflammables.

La Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui compte un millier de membres, avait fait part de ses préoccupations au ministre des Transports, Marc Garneau, dans une lettre envoyée la semaine dernière et avait également publié un communiqué. Elle réagissait au retrait de la Liste de surveillance du BST du transport de liquides inflammables par train, comme le pétrole brut qui avait causé la tragédie de Lac-Mégantic. La FQM demandait au ministre d'ordonner que le BST remette ce sujet sur sa liste.

La Presse canadienne a obtenu copie de la réponse du BST au communiqué de presse. L'organisme indépendant rappelle qu'il ne relève pas du ministre des Transports, mais plutôt du Parlement et qu'il continue «à surveiller de près la question».

Sa présidente Kathy Fox explique que plusieurs des recommandations émises dans la foulée de la tragédie ont été appliquées, notamment le retrait des wagons «les plus vulnérables», et que c'est la raison pour laquelle le transport des matières inflammables avait été retiré de la Liste de surveillance.

Les DOT-111, comme ceux qui ont causé l'explosion à Lac-Mégantic, ne pourront plus transporter de liquides inflammables volatils à compter du 1er janvier 2019, soit six ans plus tôt que prévu. Ils ne pouvaient plus transporter de pétrole brut depuis deux ans. Le retrait progressif des CPC 1232 sans couche de protection thermique, qui transportent également du pétrole brut, a débuté le 1er novembre.

«On pense qu'on n'est pas rendu nécessairement au niveau qu'on veut atteindre et déjà, on ne fait plus partie de cette liste-là, a constaté à regret le président de la FQM, Jacques Demers. Si la réponse politique, est que ça ne fait pas de différence, ce sera une réponse du ministre, mais que le bureau nous réponde.»

Il cite en exemple le déraillement d'un train qui transportait du diesel, du mazout et du gaz propane survenu à Saint-Polycarpe en Montérégie, l'été dernier.

L'attachée de presse de Marc Garneau a indiqué que le ministre n'avait toujours pas reçu la lettre de la FQM lundi, mais qu'il y répondra lorsqu'il l'aura entre les mains. Entre-temps, M. Garneau s'est lui aussi voulu rassurant.

«Personne ne peut dire qu'une chose est impossible, mais certainement nous prenons toutes les mesures possibles pour maximiser la sécurité», a-t-il répondu lorsque La Presse canadienne lui a demandé s'il pouvait dire aux gens qu'il n'y aurait pas d'autres tragédies comme celle de Lac-Mégantic.

Le député conservateur de la région Mégantic-L'Érable, Luc Berthold, croit que le BST a agi trop rapidement.

«Le BST, étant donné ce qui est arrivé à Lac-Mégantic, aurait dû être deux fois plus vigilant ou deux fois plus patient pour faire en sorte qu'on retire le transport du pétrole sur les rails de cette liste de surveillance-là quand on aura définitivement enlevé les wagons DOT-111 qui sont encore en circulation sur le réseau ferroviaire», a-t-il dit.

«Les risques demeurent là, a souligné pour sa part le député néo-démocrate Robert Aubin. Ce n'est pas parce qu'il n'y a plus de DOT-111 qu'il n'y a plus de trains transportant des matières dangereuses qui se promènent, même qu'au contraire, il y en a de plus en plus.»

Le Bloc québécois est allé jusqu'à remettre en question l'indépendance du BST.

«Est-ce que le Bureau de la sécurité des transports est si indépendant que ça et est-ce qu'il n'a pas eu des pressions pour enlever le rail? a avancé la députée Monique Pauzé. Je pense que c'est légitime de poser la question.»