La chef du Bloc québécois Martine Ouellet (photo) a annoncé la candidature de Catherine Bouchard-Tremblay dans Chicoutimi- Le Fjord, vendredi.

Le Bloc québécois présente sa candidate dans Chicoutimi-Le Fjord

La chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, soutient qu’elle va reconstruire « une équipe positive » autour de sa candidate pour l’élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord puisque celle-ci n’aura pas l’appui de l’association de circonscription.

Mme Ouellet était de passage à Saguenay vendredi pour annoncer la candidature de Catherine Bouchard-Tremblay, « une indépendantiste assumée ». La jeune femme de 25 ans a déjà été candidate à deux reprises sur la scène provinciale pour Option nationale, en 2012 et en 2016.

« Il y a de la relève pour le Bloc québécois et il y a de la relève pour l’indépendance, a affirmé la chef bloquiste en entrevue. Je suis très contente qu’une femme ait l’audace de se présenter ici dans le comté. »

L’élection complémentaire pour remplacer l’ex-député libéral Denis Lemieux aura lieu le 18 juin. Il avait annoncé sa démission en novembre dernier pour des raisons personnelles.

La candidature de Mme Bouchard-Tremblay est toutefois plombée par la crise qui secoue le Bloc québécois depuis le départ de sept de ses dix députés le 28 février. Ils reprochaient à la chef son intransigeance. Une semaine plus tard, l’association de circonscription dans Chicoutimi-Le Fjord demandait à Mme Ouellet de quitter la direction du parti pour éviter de nuire aux chances du Bloc québécois de faire élire un candidat lors de l’élection partielle.

Depuis plusieurs employés du parti et membres de la garde rapprochée de la chef ont démissionné. Le dernier à avoir claqué la porte est le trésorier du parti, Jules Gagné. Il a annoncé mercredi qu’il quittait après que le Forum jeunesse du Bloc québécois eut retiré son appui à Martine Ouellet. Celle-ci n’a pas réussi à « maintenir la cohésion au sein du parti », a-t-il écrit dans un courriel.

« Ce n’est pas ce qu’il disait du tout ni au bureau national, ni au conseil général, a soutenu Mme Ouellet. Donc, j’ai été surprise de cette déclaration-là. »

Malgré la pression qui s’accentue, la chef n’a pas l’intention de jeter l’éponge à deux semaines de son vote de confiance. Le député et président du parti, Mario Beaulieu, autrefois son fidèle allié, fait campagne contre elle tout comme un groupe d’associations de circonscription qui tiendra une conférence de presse samedi.

« C’est malheureux de voir que dans le mouvement, on soit plus prompt à se confronter à l’interne qu’à avancer, a déploré Mme Ouellet. Ça je pense que c’est quelque chose qui va devoir changer si on veut être capable de rassembler. »

Le Bloc québécois tiendra un vote de confiance et un référendum sur la mission du parti les 1er et 2 juin.

Cette sortie de crise avait été adoptée dans la controverse lors d’un conseil général à la fin du mois d’avril.

Mme Ouellet estime néanmoins qu’elle permettra au parti de rebondir. « Je pense que le 3 juin on va avoir clarifié les positions et ça va permettre au Bloc québécois de repartir du bon pied avec toute la légitimité nécessaire », a-t-elle conclu.