L'ambassadeur du Canada en Chine, John McCallum, affirme qu'il s'est «mal exprimé» lorsqu'il a laissé entendre que la directrice financière de Huawei Meng Wanzhou

L'ambassadeur John McCallum dit qu'il s'est «mal exprimé» dans l'affaire Huawei

OTTAWA — L'ambassadeur du Canada en Chine, John McCallum, affirme qu'il s'est «mal exprimé» lorsqu'il a laissé entendre que la directrice financière de Huawei Meng Wanzhou avait une «défense robuste» pour éviter son extradition aux États-Unis.

Dans une déclaration transmise en fin de journée, jeudi, M. McCallum a souligné que le Canada a entrepris des procédures judiciaires «justes, impartiales et transparentes» envers Mme Meng, et que ces procédures permettent aux particuliers de soumettre une défense robuste devant les tribunaux.

«Je suis désolé que mes propos ayant trait aux procédures judiciaires concernant Mme Meng aient semé la confusion. Je me suis mal exprimé. Ils ne reflètent pas fidèlement ma position sur la question. Comme le gouvernement l'a toujours dit clairement, il n'y a eu aucune intervention politique dans ce dossier», peut-on lire dans la déclaration.

«En tant qu'ambassadeur du Canada en Chine, je n'ai aucun rôle à jouer dans l'évaluation des arguments, ni à me prononcer sur le processus d'extradition. La priorité du gouvernement du Canada, ainsi que la mienne, est d'obtenir la libération des deux Canadiens détenus arbitrairement en Chine et de veiller à la protection des droits de tous nos citoyens. Toutes les mesures prises par notre gouvernement sont axées sur leur sécurité. Cela restera notre priorité absolue jusqu'à ce qu'ils puissent rentrer chez eux», a ajouté M. McCallum.

Les commentaires candides de John McCallum au sujet de l'affaire Meng Wanzhou avaient fait écarquiller bien des yeux et suscité de nombreuses réactions, quand certains y avaient vu un stratagème politique pour dénouer la sérieuse crise diplomatique entre Ottawa et Pékin.

Au cours d'une conférence de presse avec des médias sinophones dans la région de Toronto, M. McCallum avait déclaré qu'à son avis, Mme Meng a de bons arguments juridiques qui pourraient lui permettre d'éviter l'extradition vers les États-Unis. Il en avait même énuméré quelques-uns.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, a sauté sur l'occasion pour réclamer le congédiement de l'ambassadeur en Chine pour ces déclarations. Il a dénoncé le fait que ces commentaires puissent remettre en doute la séparation des pouvoirs politiques et juridiques.

Le premier ministre Justin Trudeau a rejeté les appels au congédiement de John McCallum. Il a estimé qu'un tel geste n'aiderait pas à accélérer la libération des deux citoyens détenus par les autorités chinoises.

En point de presse au Nouveau-Brunswick, jeudi, Justin Trudeau a été interrogé sur ses intentions concernant de possibles sanctions ou même le rappel de son ambassadeur à Pékin.

Justin Trudeau a répondu que toute l'attention du gouvernement est tournée vers le retour des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor, ainsi que le respect de leurs droits.

Les déclarations de M. McCallum ont marqué un changement radical par rapport à la ferme position publique du gouvernement Trudeau selon laquelle la possible extradition de Meng Wanzhou suit un processus indépendant - et apolitique - qui doit être respecté.

Mercredi, Justin Trudeau a dit s'attendre à ce que la directrice financière de Huawei se défende pleinement pour éviter d'être extradée vers les États-Unis, mais il ne veut pas présumer de la solidité de son dossier.

«Nous avons reconnu depuis le début à quel point c'est important de défendre la règle de droit, d'assurer l'application dans l'intégrité de ce système de la justice, a répété M. Trudeau aux journalistes. Évidemment, ça comprend le droit de toute accusée de se défendre pleinement des accusations portées contre elle, et c'est exactement ce à quoi nous nous attendons dans ce cas.»