Le député de Pontiac et ex-ministre des Transports, André Fortin.

Lacombe joue sa crédibilité sur le dossier de l’hôpital, selon André Fortin

Le député de Pontiac et ancien ministre des Transports, André Fortin, salue le ton ambitieux utilisé par le ministre responsable de l’Outaouais lors de sa rencontre, mardi, avec Le Droit, dans le cadre des 100 jours de l’ascension au pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ). Il invite toutefois le ministre à prendre conscience que la campagne électorale est terminée et que l’heure n’est plus aux attaques envers les députés sortants de l’ancien gouvernement.

« Mathieu Lacombe s’exprime bien, il s’est bien exprimé dans les 100 premiers jours de son mandat, mais maintenant c’est le temps de travailler et de faire avancer des dossiers, lance-t-il. J’ai trouvé sa sortie envers Stéphanie Vallée et Alexandre Iracà plutôt inélégante. Selon nous, le vrai test de crédibilité de M. Lacombe, c’est le dossier de l’hôpital. Il a promis un nouvel hôpital, en service, en cinq ans, aux citoyens de l’Outaouais. Il sera là son vrai test au cours des prochains mois et années. »

André Fortin rappelle au ministre régional qu’il avait l’occasion de faire une première action concrète lors de la mise à jour économique de cet automne en inscrivant le projet au Plan québécois des infrastructures (PQI). « Vaudreuil aura eu un hôpital neuf en neuf ans, je ne vois pas comment on pourra le faire en cinq ans ici en respectant les règles du Conseil du Trésor et en ayant en tête tout ce qui a été dit lors de la Commission Charbonneau, insiste le député de Pontiac et critique libéral en matière de santé. On ne sait toujours pas où sera situé cet hôpital, et de quels services il sera doté. Il n’y a rien de clair et nous ne sommes pas rassurés par les trois premiers mois du gouvernement dans ce dossier. À tout le moins, on doit s’attendre à ce que ce projet soit inscrit au PQI dès le prochain budget. »

Dans le dossier de l’élargissement de l’autoroute 50, l’ancien ministre des Transports reconnaît que beaucoup de travail reste à accomplir afin de doter la machine gouvernementale d’un échéancier précis. Sauf que dans ce dossier, la question du financement a été essentiellement réglée par l’ancien gouvernement, dit-il. « L’élargissement de la 50 est inscrit au PQI, M. Lacombe n’a pas besoin de faire des efforts pour aller chercher l’argent, l’ancien gouvernement l’a fait, note M. Fortin. C’est d’ailleurs la même chose pour le train léger. C’est dans le PQI au même titre que le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal et le projet de la Ville de Québec. »

Iniquité

Le ministre Mathieu Lacombe accusait, mardi, les libéraux de la région d’avoir nié l’iniquité régionale en santé et en éducation entre l’Outaouais et les autres régions jusqu’à la toute fin de leur règne au pouvoir. Il fait de cette situation l’enjeu principal autour duquel l’action gouvernementale se développera dans la région au cours des prochaines années. 

M. Fortin affirme que le gouvernement avait reconnu l’enjeu d’iniquité en Outaouais, notamment en allouant une somme récurrente de 16,5 millions $ au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais en 2017. « Les grands projets en Outaouais, on les connaît tous, dit-il. La 50, le train léger, le campus unifié de l’UQO, et maintenant un nouvel hôpital. Ces dossiers sont nommés. Là où M. Lacombe aura du travail à faire, c’est de s’assurer que les projets déjà inscrits au PQI y demeurent tout en y ajoutant son hôpital. Son parti a fait toutes sortes de promesses partout au Québec. Il y aura beaucoup de tiraillement interne pour aller chercher l’argent du PQI. M. Lacombe devra s’assurer que les sommes réservées pour l’Outaouais le demeurent. »