Le ministre des Transports André Fortin

L’abandon du REM compromettrait le projet de tramway, selon le ministre Fortin

Le ministre des Transports André Fortin trouve «irresponsable» l’idée du Parti québécois (PQ) d’abandonner le projet de Réseau express métropolitain (REM) à Montréal, car une telle décision mettrait «à risque» d’autres projets, comme le tramway de Québec.

Le projet du REM est mené par la Caisse de dépôt et placement du Québec qui accepte d’en payer près de la moitié, soit 3 milliards $, du «jamais-vu» en transport en commun, explique M. Fortin.

Un tel engagement soulage le gouvernement du Québec, qui peut ainsi consacrer de l’argent à d’autres projets, fait valoir le ministre. 

«Si on n’a pas ce 3 milliards de dollars-là, est-ce qu’on serait capables de faire un projet à Québec, est-ce qu’on serait capables de faire un projet de grande envergure de transport en commun à Gatineau, est-ce qu’on serait capable d’en faire davantage dans le grand Montréal? J’en doute beaucoup», a soutenu le ministre à l’Assemblée nationale. 

Le PQ a annoncé à Montréal mardi son projet appelé «grand déblocage», qui vise à réduire la congestion routière de 10 %. Il arrêterait le projet de REM, dont les travaux doivent débuter dans quelques semaines, pour le remplacer par un vaste réseau de bus rapides, de tramways et une bonification majeure des services de trains de banlieue pour desservir l’ensemble de la grande région métropolitaine. 

L’ambitieux plan de transport en commun prévoit neuf circuits de bus rapide dans l’est et l’ouest de Montréal, sur la Rive-Sud et sur la couronne nord, cinq lignes de tramway desservant le secteur de l’hippodrome, l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, l’est de Montréal jusqu’à son extrémité et le boulevard Saint-Laurent.

Cinquième service

Le cinquième service est un tram-express sur la Rive-Sud qui occuperait la voie réservée du pont Champlain, mais qui desservirait également le boulevard Taschereau et se rendrait jusqu’à l’aéroport de Saint-Hubert dans une direction et jusqu’à Saint-Constant dans l’autre.

Quant aux trains, le plan du PQ prévoit des ajouts de gares et de départs sur la quasi-totalité des lignes et une desserte plus éloignée pour quatre d’entre eux, soit jusqu’à Saint-Hyacinthe pour le train de Saint-Hilaire, jusqu’à Saint-Jean-sur-Richelieu pour le train de Candiac, jusqu’à Joliette pour le train de l’Est et le train de l’Ouest se rendrait à Coteau-du-Lac.

Le Parti québécois soutient que tout ce plan peut être réalisé pour le même prix que le REM, soit 7,4 milliards $, et en respectant sensiblement les mêmes échéanciers. 

Il mise sur une participation de la Caisse de dépôt et placement du Québec à la même hauteur que pour le REM, soit 3 milliards $ à défaut de quoi il estime être en mesure de dégager les sommes équivalentes avec la réduction des paiements de la dette, un financement plus élevé d’Ottawa et le Fonds vert.

Le ministre Fortin craint que si la proposition du PQ va de l’avant, la Caisse de dépôt et placement retire complètement ses billes de la région de Montréal, ce qui mettrait le gouvernement devant une situation problématique. «Ça met d’autres projets à risque», lance-t-il. 

«Il n’y a rien dans le montage financier présenté aujourd’hui qui remet en question le projet de tramway de Québec, que nous appuyons par ailleurs», a répliqué par écrit le cabinet du chef du PQ Jean-François Lisée. 

Le gouvernement Couillard a annoncé vendredi qu’il s’engage à payer 60 % du projet de tramway et de transport structurant de 2,9 milliards $ à Québec. Avec La Presse canadienne