Selon Agnès Maltais, le premier ministre Couillard enfreint sa propre loi en acceptant de rencontrer le président Macron à Montréal, en marge de sa participation au sommet du G7 qui se tiendra à La Malbaie les 8 et 9 juin.

La rencontre Couillard-Macron doit se tenir à Québec, insiste le PQ

QUÉBEC — La rencontre prévue à Montréal jeudi entre le premier ministre Philippe Couillard et le président de la République française Emmanuel Macron ne respecte pas l’esprit de la loi, insiste le Parti québécois (PQ).

La députée du PQ dans Taschereau, Agnès Maltais, a cité mercredi la loi 109 qui accorde le statut de capitale nationale à la ville de Québec pour étayer son argumentaire.

La loi, qui a été adoptée en décembre 2016, stipule que le territoire de la ville de Québec est le lieu privilégié et prioritaire pour la tenue de rencontres importantes et le lieu de la résidence de fonction du premier ministre.

Selon Mme Maltais, le premier ministre Couillard enfreint sa propre loi en acceptant de rencontrer le président Macron à Montréal, en marge de sa participation au sommet du G7 qui se tiendra à La Malbaie les 8 et 9 juin.

«Toute rencontre avec un chef d’État doit se passer à l’Assemblée nationale, a tranché la députée péquiste. Pourquoi est-ce que notre premier ministre ne fait pas ce que dicte sa loi dont il se vante?

«Nous sommes une nation qui a un gouvernement ici et c’est à Québec que siège ce gouvernement, a-t-elle renchéri. En politique, les symboles ont une valeur; ici, on échappe complètement à toute règle politique, à toute règle diplomatique.»

M. Macron ne recevrait pas le premier ministre du Québec à Lyon ou à Rennes, a illustré Agnès Maltais. «Ce serait impossible. Tout le monde dirait: «Voyons, qu’est-ce qui se passe?»

«Mais ici, on joue à ça, à se promener partout sans aucune importance à la capitale nationale», s’est-elle indignée.

Emmanuel Macron devait initialement s’adresser aux membres de l’Assemblée nationale du Québec. Cet événement a été annulé, le président français prétextant un emploi du temps trop chargé.

La rencontre de jeudi à Montréal a été organisée de façon à ce que le président puisse passer un «bon moment à Montréal», qui compte «une grande communauté française», selon la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre.

«Il n’est pas en visite officielle au Québec, il est en visite officielle au Canada, dans le cadre du G7. C’est ça la différence», a-t-elle déclaré.

«S’il venait en visite officielle au Québec, et strictement le Québec, évidemment c’est à Québec qu’il faudrait qu’il vienne, selon l’entente qu’on a avec eux», a-t-elle ajouté.

Pour l’heure, le G7 amène des «contraintes» et complique l’horaire des dirigeants, selon la ministre St-Pierre, qui accuse Mme Maltais d’essayer de faire «un petit peu de politique» avec cet enjeu.