Le chef libéral Justin Trudeau a été interpellé sur la laïcité dans un café Tim Hortons à Saint-Félix-de-Valois, dans la circonscription de Berthier-Maskinongé.

La laïcité suit Trudeau, de passage au Québec

Le dossier de la laïcité continue de suivre Justin Trudeau. Des citoyens aux opinions divergentes l'ont interpellé à ce sujet lorsqu'il a fait campagne au Québec, samedi.

De passage dans un café Tim Hortons à Saint-Félix-de-Valois, dans la circonscription de Berthier-Maskinongé, dans Lanaudière, Claude Labbé a regardé M. Trudeau droit dans les yeux et lui a dit : «Ne lâchez pas sur la loi 21!»

M. Labbé s'oppose fermement à la loi votée par le gouvernement Legault.

«Dans une société libre, on ne légitimise pas la discrimination, a acquiescé M. Trudeau. Les Québécois respectent les droits individuels.»

Plus tôt en matinée, le chef libéral avait eu maille à partir avec des électeurs ce même sujet lors d'un arrêt dans un restaurant de déjeuner dans la circonscription voisine de Montcalm.

Entre deux bouchées d'oeufs, Sylvain Chartier, de Mascouche, a exigé de M. Trudeau qu'il prouve qu'il est fier d'être «Québécois».

«Je ne vois aucune contradiction entre être Québécois et être Canadien en même temps. Pour la plupart des Québécois, c'est comme ça aussi», s'est défendu le chef libéral.

Aux citoyens qui l'ont questionné sur sa position sur la laïcité, il a déclaré qu'il fallait respecter les choix individuels sur les signes religieux et qu'il s'agissait d'une question délicate.

M. Trudeau a répété dans les derniers jours qu'il refuse de contester la loi québécoise sur la laïcité devant les tribunaux «pour l'instant». Il n'y ferme cependant pas la porte dans un deuxième mandat.

Monique Gagné pense que M. Trudeau devrait faire preuve de plus de clarté.

«Je n'aime pas entendre "pour le moment", "on verra" ou il va étudier tous les dossiers, mais il va nous donner des réponses après l'élection. Comme citoyenne, j'aimerais ça avoir des réponses avant plutôt qu'après, a-t-elle affirmé en entrevue. Ça me permettrait de voir si, vraiment, M. Trudeau est un Québécois — pas juste de naissance, mais également dans sa façon de penser, dans ses décisions.» Elle a l'intention de voter pour le Bloc québécois, mais promet de suivre la campagne électorale de près.

À quelques tables de là, Jacques Corbeil, de Terrebonne, a aussi parlé longuement à M. Trudeau de sa position qu'il considère comme floue.

«Je crois que je vais voter pour lui quand même, admet M. Corbeil. C'est quand même une question qui est fondamentale, d'une part, mais qui est extrêmement difficile à trancher.»

Bain de foule à Saint-Tite

Justin Trudeau était le dernier des chefs fédéraux à enfiler ses bottes de cowboy pour aller à la rencontre des festivaliers au Festival western de Saint-Tite, en Mauricie, samedi après-midi. Mais il n'avait pas de chapeau de cowboy et certains lui ont fait remarquer.

Pendant une heure, il a pris un bain de foule et a posé pour de nombreux égoportraits dans la pluie.

Si certains festivaliers roulaient des yeux à la vue du chef libéral, ils étaient plus nombreux à glousser de joie après avoir été pris en photo avec celui qu'il ne nommait que par son prénom «Justin».

Seule Noémie Dicaire-Plante, 18 ans, l'a arrêté pour lui poser des questions sur sa vision pour le Québec. La jeune femme, qui votera pour la première fois cette année, dit qu'elle n'a pas encore arrêté son choix sur un parti. L'enjeu qui penchera dans la balance pour elle est sans contredit l'environnement.

Au cours de la dernière semaine, les chefs des autres partis ont tous défilé au festival western, qui accueille quelque 600 000 personnes chaque année.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh et le chef conservateur y ont fait un tour la fin de semaine dernière, avant le déclenchement de la campagne électorale. Le chef bloquiste Yves-François Blanchet y était vendredi.

Le 52e Festival western de Saint-Tite se prend fin dimanche.

***

LES LIBÉRAUX SE SERVENT DE TRUMP POUR ATTIRER LE VOTE OUVRIER

Un visage bien connu vient d'apparaître sur le front électoral canadien : celui de Donald Trump.

Ce sont les libéraux qui évoquent le président américain dans une nouvelle publicité en anglais qui vise à renforcer les liens entre leur parti, les syndicats et les ouvriers.

La publicité intitulée «Se battre bec et ongles» est narrée par la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland. Elle vante la résistance du gouvernement canadien contre le discours protectionniste de la Maison-Blanche pendant les négociations visant à renouveler l'entente de libre-échange nord-américain.

Le chef libéral Justin Trudeau a fait l'objet de maintes critiques de ses adversaires conservateur et néo-démocrate, Andrew Scheer et Jagmeet Singh, au cours de ces négociations.

M. Singh a promis samedi des mesures à caractère protectionniste de son cru pour aider à sauver des emplois dans l'industrie automobile canadienne. Il a notamment promis d'encourager les consommateurs qui achèteraient des véhicules fabriqués au Canada.

Il a aussi promis de résister à Donald Trump s'il devient premier ministre.