Nathalie Des Rosiers

La députée Nathalie Des Rosiers va démissionner

Contre toute attente, une autre élue franco-ontarienne va délaisser son siège à Queen’s Park: la députée provinciale d’Ottawa-Vanier et ex-ministre Nathalie Des Rosiers a annoncé jeudi qu’elle démissionnera plus tard cette année, venant d’être nommée directrice du Collège Massey, affilié à l’Université de Toronto.

L’entrée en poste de Mme Des Rosiers sera effective le 1er août, indique la réputée institution, qui aura pour la première fois de son histoire une francophone à sa tête.

La date exacte à laquelle la députée libérale délaissera ses fonctions n’a pas été précisée, mais entre-temps, elle compte «continuer à représenter la communauté d’Ottawa-Vanier», qu’elle qualifie de «dynamique et diversifiée». Elle affirme que celle-ci l'a toujours «inspirée par sa résilience et son optimisme constant».

La principale intéressée explique que ce sont des «problèmes familiaux» qui l’ont poussé à prendre cette difficile, mais réfléchie décision.

«Ce n’était évidemment pas dans mes plans quand j’ai été élue l’an dernier. Je voulais rester pour tout mon mandat. Mais j’étais anxieuse et j’avais un peu le coeur gros avec des problèmes dans ma famille, ç’a fait en sorte qu’en février ou mars, je me suis rendu compte que je vais quitter et faire autre chose. J’ai été approchée par le collège après avoir fait un discours là-bas et j’ai ensuite participé au processus de sélection. [...] Je n’avais pas prévu que Mme Lalonde (Marie-France) allait annoncer qu’elle quittait presque en même temps, c’est le hasard des choses. Je vais tenter de contribuer à l’Ontario différemment», a-t-elle dit lors d’un court entretien téléphonique.

Avocate de formation et mère de quatre enfants, Nathalie Des Rosiers a fait son entrée en politique en novembre 2016 lors d’une élection partielle à la suite de la démission de sa prédécesseure, l’ancienne ministre Madeleine Meilleur. Au cours des trois années précédentes, elle était doyenne de la Faculté de droit à l’Université d’Ottawa.

À l’hiver 2018, Kathleen Wynne l’avait nommée ministre des Richesses naturelles et des Forêts, poste qu’elle a occupé pendant à peine six mois.

Lors des élections provinciales de juin dernier, lors de laquelle ce fut l’hécatombe pour le Parti libéral de l’Ontario, elle avait réussi à sauver les meubles en obtenant l’un des sept sièges du parti. Elle l’avait remporté avec 43% des suffrages.

Il y aura une voix franco-ontarienne de moins à l’Assemblée législative alors qu’une crise linguistique secoue la province depuis novembre dernier. Le gouvernement Ford avait alors annulé le financement de l’Université de l’Ontario français et aboli le Commissariat aux services en français, suscitant une levée de boucliers.

Mme Des Rosiers soutient toutefois que ce facteur n’a pas pesé dans la balance quand elle a décidé de tirer un trait sur sa carrière politique.

«Certainement que le gouvernement Ford me décourage de la politique, car je pense qu’il a fait beaucoup d’erreurs et ne répond pas bien aux besoins des Ontariens. Ça me fait très peur pour la tradition parlementaire, qui est en train de s’effriter par la façon dont M. Ford se comporte. Mais j’aimais mon travail, j’ai présenté cinq projets de loi privés, j’ai fait avancer plusieurs de mes objectifs, j’ai posé les bonnes questions, etc. Je suis fière du travail que j’ai fait», a-t-elle lancé, confiante qu’un francophone lui succédera dans la circonscription.

Lorsque les libéraux étaient au pouvoir, c'est Nathalie Des Rosiers qui, par exemple, avait présenté un projet de loi privé visant à reconnaître le caractère bilingue de la Ville d’Ottawa. Son projet, qui s’avérait l’une de ses promesses électorales, a cheminé dans les mois suivants et a été repris comme projet de loi gouvernemental, lequel a été adopté en décembre 2017.

Le chef intérimaire libéral et député d’Ottawa-Sud John Fraser affirme qu’il s’agit «d’une décision très personnelle pour elle et sa famille».

«Elle a l’occasion de redevenir éducatrice, ce qui a été sa passion», a-t-il indiqué dans un communiqué émis en milieu de soirée.

L’ancien ministre libéral et seul candidat à la chefferie du Parti libéral de l’Ontario (PLO), Steven Del Duca, a réagi sur Twitter en parlant de Mme Des Rosiers comme d’une femme «brillante, talentueuse et travaillante».

De son côté, la députée progressiste-conservatrice de Nepean et ministre des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires, Lisa MacLeod, a elle aussi commenté la nouvelle.

«Merci @NDesRosiers pour votre service envers la ville et la province. Ce fut un plaisir de travailler avec vous et je ne vous souhaite que le meilleur», a-t-elle gazouillé.

Une fois que l’élue aura remis sa démission, une élection partielle devra donc être déclenchée dans les mois suivants dans Ottawa-Vanier.

Mme Des Rosiers est la seconde élue libérale à annoncer sa démission en l’espace de quelques jours puisque la députée d’Orléans, Marie-France Lalonde, a confirmé lundi qu’elle veut faire le saut en politique fédérale en briguant l’investiture dans Orléans, l’actuel député Andrew Leslie ne sollicitant pas un nouveau mandat aux élections d’octobre.