François Legault

La démocratie syndicale n’est plus une priorité pour la CAQ

Si elle forme le prochain gouvernement, la Coalition avenir Québec (CAQ) n’exigera pas des syndicats plus de transparence et de démocratie. Le chef François Legault croit qu’il faut savoir «choisir nos batailles».

«Un gouvernement peut pas aller dans toutes les directions. Si on veut réaliser nos promesses, il faut en faire moins et puis il faut choisir celles qui sont les plus importantes», a-t-il commenté en marge d’un discours à la Chambre de commerce de Lévis jeudi.

En 2014, la CAQ avait mis dans sa plate-forme électorale l’obligation pour les syndicats de dévoiler leurs états financiers, de tenir des votes secrets et d’utiliser les cotisations de leurs membres à des fins non partisanes.

M. Legault a confirmé que tout ça n’apparaîtra pas dans la plate-forme du parti en 2018, comme l’avait laissé entendre Daniel Boyer, président de la FTQ, dans une entrevue à Radio-Canada la semaine dernière. «C’est normal à un moment donné de choisir des priorités à chaque campagne électorale», s’est défendu M. Legault. 

Le chef estime que le gros dossier de la CAQ au cours du prochain mandat sera de rouvrir l’entente avec les médecins spécialistes et omnipraticiens, question de récupérer 1 milliard $ chaque année. Selon lui, ce combat ne sera «pas simple», mais il risque d’être plus bénéfique pour les Québécois que de s’attaquer au dossier de la démocratie syndicale. 

Pour justifier sa décision, M. Legault cite son ex-collègue Lucien Bouchard. «Quand un gouvernement arrive au pouvoir, ils ont une réserve de courage. Et là, à chaque fois qu’on fait quelque chose de controversé, on pige dans la réserve de courage et à un moment donné, il n’y en a plus. Ça fait qu’il faut choisir les priorités, faut choisir nos batailles. Nos batailles, c’est pas la démocratie syndicale pour les prochains quatre ans.»

M. Legault se défend bien de manquer de courage. «Je veux choisir où je veux investir mon courage». Il ne sert à rien selon lui de «s’éparpiller», comme l’a fait le ministre de la Santé Gaétan Barrette ces dernières années, en ouvrant 10 dossiers en même temps, sans en régler un.