Lynne Shand

La conseillère Lynne Shand est exclue de son parti pour ses propos sur l’islam

MONTRÉAL — La conseillère d’arrondissement Lynne Shand est exclue de son parti municipal, Équipe Anjou, pour les propos sur les femmes musulmanes qu’elle a tenus dans les médias sociaux il y a quelques jours.

Luis Miranda, maire de l’arrondissement d’Anjou, et les trois conseillers de son équipe ont annoncé mercredi dans un communiqué que Mme Shand était exclue «sans équivoque» du parti municipal et qu’elle siégerait désormais comme indépendante.

Samedi dernier, Mme Shand avait publié un message Facebook dans lequel elle se plaignait d’avoir été soignée, lors d’une consultation d’urgence en ophtalmologie, par une spécialiste qui portait le hijab. Elle s’alarmait de ce qu’elle considérait comme une «islamisation du pays». Elle a ensuite présenté des excuses pour ses propos.

En fin d’après-midi, mardi, la présidente du conseil municipal de Montréal, Cathy Wong, a écrit sur Facebook qu’elle avait décidé de déposer une plainte officielle à la Commission municipale contre ces propos «inexcusables», «xénophobes» et «haineux». Mme Wong a expliqué qu’elle portait plainte «en tant que présidente du conseil municipal et conseillère de ville, mais avant tout, comme citoyenne montréalaise».

Le maire Miranda s’était dissocié lundi des propos de sa conseillère Shand, sans toutefois l’exclure illico du caucus. «Le directeur de notre arrondissement, que j’ai moi-même choisi et embauché, est de confession musulmane, plaidait-il dans un communiqué. Je vous confirme que cette façon de penser n’est pas véhiculée à Anjou. Mon arrondissement se dissocie totalement de ces propos.»

En entrevue avec La Presse canadienne, mercredi midi, M. Miranda a expliqué qu’il avait été très pris lundi et mardi par les séances du conseil de ville, et qu’il n’avait pu en discuter avec son équipe en réunion avant mercredi matin. «Je n’ai pas changé d’idée (depuis lundi): l’incident s’est passé dimanche, on devait vérifier», a-t-il dit, en se dissociant à nouveau des propos de Mme Shand. «Le chapeau ne me fait pas!», a-t-il martelé.

M. Miranda a admis que cet épisode avait été difficile pour tout le monde. «Elle-même a dit que (ses) paroles ont devancé (ses) pensées.»

La présidente du conseil municipal de Montréal a quant à elle expliqué sur sa page Facebook qu’en vertu d’un article du Code d’éthique des membres du conseil, les élus ont une obligation de respect envers les citoyens. À son avis, les propos de Mme Shand, en plus d’être incompatibles avec ses fonctions, remettent en doute l’équité des services offerts par l’élue envers ses concitoyens.

Cathy Wong signale que 10 pour cent de la population actuelle d’Anjou est de confession musulmane. Elle ajoute que «lorsqu’une élue exprime des propos haineux sur une femme musulmane, elle attaque non seulement les femmes et les communautés musulmanes, mais aussi l’ensemble des habitant.es de Montréal qui travaillent en faveur d’un meilleur vivre ensemble».

La Commission municipale du Québec, qui compte 13 membres, est à la fois un tribunal administratif, une commission d’enquête publique, un médiateur, un administrateur et un tuteur pour les municipalités.