La cause féministe a besoin de plus d’argent, dit Oxfam Canada

OTTAWA - Le gouvernement Trudeau a mis en place des politiques véritablement féministes, mais il doit les soutenir en consacrant davantage d’argent s’il veut faire une différence durable, selon Oxfam Canada.

L’organisme de bienfaisance a publié mardi sa «carte de pointage féministe 2019» avant la Journée internationale des droits des femmes, vendredi. Il évalue les mesures prises par le gouvernement entre mars 2018 et février 2019 pour progresser de manière significative vers l’équité entre les sexes.

Lauren Ravon, directrice des politiques et des campagnes pour Oxfam Canada, estime que dans l’ensemble, le gouvernement Trudeau a bien progressé dans la réalisation de son programme féministe - ce qui, selon elle, est un motif de célébration.

Elle a affirmé que certaines des principales étapes franchies en 2018 «sont vraiment significatives», citant par exemple la loi sur l’équité salariale.

Mme Ravon a également évoqué l’introduction de la toute première loi sur la réduction de la pauvreté, la création du ministère des Femmes et de l’Égalité des genres, ainsi que le doublement du financement des mouvements féminins canadiens, qui ont également contribué à faire progresser les droits des femmes au Canada.

Mais alors que les propos féministes du gouvernement libéral se sont traduits par de nouvelles politiques et initiatives, le financement se fait toujours attendre, selon elle.

«Le problème majeur que nous constatons est que ces nouvelles initiatives ne comportent pas les investissements audacieux qui seraient nécessaires pour parvenir à un changement durable. Alors oui, de nombreuses initiatives sont prises, mais il n’y a pas assez d’argent pour financer ces initiatives et s’assurer qu’elles peuvent toucher le plus grand nombre de personnes», a-t-elle dit.

Le rapport d’Oxfam indique que le gouvernement fédéral doit investir davantage dans les services de garde d’enfants et dans la réduction de la violence sexiste, si le gouvernement souhaite apporter des améliorations susceptibles d’avoir des effets positifs significatifs et durables sur les femmes au Canada.

Un autre rapport

Ces résultats font écho à certains de ceux contenus dans un autre nouveau rapport publié mardi, celui du Centre canadien de politiques alternatives, qui a examiné de près les progrès accomplis par les villes canadiennes dans la réduction de l’indice de l’écart entre les sexes, qui mesure cet écart dans plusieurs domaines liés aux droits fondamentaux.

Le rapport révèle que des politiques progressistes ont été mises en place au niveau fédéral pour améliorer l’équité entre les sexes, mais que des disparités persistent dans les grandes villes du pays.

Les femmes continuent d’être sous-représentées dans les gouvernements municipaux, ne représentant qu’un tiers des conseillers municipaux et cinq maires seulement.

Elles continuent également à être moins bien payées que leurs homologues masculins et ne sont toujours pas promues à des postes de direction supérieurs aussi souvent que les hommes.

Les niveaux de violence à l’égard des femmes ont également augmenté, souligne le rapport du Centre canadien de politiques alternatives.

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