En entrevue éditoriale avec Le Droit, le ministre de la Famille et responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, admet que les engagements pris cet automne par sa formation politique dans la région sont nombreux et ambitieux

La CAQ veut donner à l’Outaouais la part qui lui revient

Cent jours exactement après avoir mis un terme à des décennies d’hégémonie libérale sur la scène provinciale en Outaouais, le gouvernement caquiste de François Legault continue de jouer la carte de la transparence et de l’honnêteté avec la population pour, dit-il, se différencier de l’« ancien régime ». En entrevue éditoriale avec Le Droit, le ministre de la Famille et responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, admet que les engagements pris cet automne par sa formation politique dans la région sont nombreux et ambitieux, mais qu’ils visent essentiellement à régler un grand enjeu prioritaire ; l’iniquité entre l’Outaouais et le reste du Québec.

« On avait besoin d’installer de la diversité politique en Outaouais, insiste le ministre Lacombe. Si on avait eu ça dans les décennies passées, on ne serait pas où on est présentement. La région serait beaucoup plus développée qu’aujourd’hui […]. À un moment donné, ça prend aussi du leadership politique, et ça, on est peut-être moins habitués à ça en Outaouais, d’avoir du leadership politique. On est habitués d’avoir des députés qui ne parlent pas trop fort, qui suivent la ligne de parti, qui n’ont pas trop d’ambition pour la région, qui ne sont pas capables d’appeler un chat un chat, qui ne sont pas capables de reconnaître que la région a des besoins qui ne sont pas comblés. Là, il y a un vent de changement et ça vient avec un leadership politique. »

Vertige

Mathieu Lacombe admet que ce début de mandat à l’Assemblée nationale lui donne « un peu le vertige » en raison des attentes de la population qui sont « dans le plafond », dit-il. 

« Les libéraux, pendant des années, ont été incapables d’admettre qu’il y avait un problème en Outaouais, poursuit-il. Moi, je suis ici et j’admets qu’il y a du rattrapage à faire. Jamais vous n’auriez entendu la précédente ministre régionale [Stéphanie Vallée] admettre ça. On n’a pas de baguette magique. On ne va pas régler tous les problèmes, mais on ne veut pas décevoir les gens donc nous allons travailler très fort pour respecter nos engagements. »

Iniquité niée 

La déconnexion des libéraux avec la population se faisait sentir depuis des années au Québec et plus particulièrement en Outaouais, soutient M. Lacombe. 

Cet éloignement avec la réalité sur le terrain a mené l’ancien gouvernement, dit-il, à nier jusqu’à la toute fin l’iniquité entre l’Outaouais et les autres régions du Québec. 

« L’iniquité s’est creusée depuis des dizaines d’années en raison du monopole politique dans la région, estime M. Lacombe. En santé et en éducation, c’est frappant. La carte des programmes à l’Université du Québec en Outaouais est gênante. Ce n’est pas parce que l’UQO n’est pas bonne, c’est parce qu’on ne lui a pas donné les moyens et les outils pour se développer convenablement. L’autoroute 50 est probablement l’exemple le plus frappant dans l’imaginaire des gens. Est-ce que c’est normal que la 4e ville du Québec ne soit reliée que depuis 2012 au reste du Québec par une autoroute à une voie ? La question qu’on doit se poser, c’est est-ce que l’ancien gouvernement a bien pris soin de la région dans les dernières années ? La réponse est non. »

C’est pourquoi l’enjeu de l’iniquité sera la grande priorité au centre de l’action gouvernementale en Outaouais au cours des prochaines années, explique le ministre Lacombe. 

« Mon discours là-dessus ne change pas, dit-il. Nous avons du chemin à faire pour rejoindre le reste du Québec. »