Gabriel Nadeau-Dubois

La CAQ bouscule les habitudes des députés et va trop vite, dénonce l’opposition

QUÉBEC — L’opposition dénonce le comportement du leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, qui bouscule les habitudes des députés pour accélérer l’étude de projets de loi.

Il a demandé mercredi après-midi aux différentes formations politiques de veiller à ce que des députés issus de leurs rangs soient présents à l’étude des projets de loi 1 et 3, qui se poursuivra dès lundi prochain, entre 16h et 18h.

L’horaire habituel prévoit que les députés soient présents à l’Assemblée nationale du mardi au jeudi, et travaillent dans leurs circonscriptions le reste du temps. Le règlement permet toutefois la tenue de commissions parlementaires le lundi.

Jeudi, le leader parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, s’est insurgé en Chambre contre la méthode caquiste, qui fait fi de la conciliation-famille, selon lui. Les partis n’ont eu que très peu de préavis.

«Du côté de la deuxième et de la troisième opposition, on a signalé qu’on n’était pas disponibles, du côté du député de Chomedey également. Ça n’a pas été du tout pris en considération. Le gouvernement continue d’avancer quand même dans ses intentions», a-t-il dénoncé.

«On est en 2019, on a un parlement plus diversifié que jamais, à la fois en termes politiques, en termes hommes-femmes, mais aussi d’un point de vue générationnel. Ça pose notamment des enjeux de conciliation entre le travail parlementaire et les enjeux familiaux», a-t-il renchéri.

Les libéraux estiment pour leur part que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) est trop pressé et ne veut pas prendre le temps de bien faire les choses.

Par exemple, selon le leader parlementaire du Parti libéral du Québec, Sébastien Proulx, la CAQ a suggéré de remplacer lundi les députés qui siègent habituellement à la commission des institutions - et qui maîtrisent leurs dossiers - par d’autres députés qui n’y ont jamais siégé.

«Il y a un empressement et une intention de pas vouloir se donner le temps nécessaire pour faire le travail parlementaire correctement», a affirmé M. Proulx en entrevue téléphonique.

«On veut bien mettre de l’eau dans son vin et être conciliant mais (...) il y a une limite à la compression dans le temps et il y a une limite aussi à la diminution de la qualité.»

Simon Jolin-Barrette dit faire tout en son possible pour faire avancer les projets de loi, «parce qu’actuellement ils n’avancent pas très vite». Il souligne que le règlement prévoit que l’on puisse siéger en commission parlementaire le lundi, entre 14 heures et 18 heures.

«Le projet de loi 1, M. le Président, il a été déposé au mois de novembre 2018. (...) On est rendus cinq mois plus tard», a-t-il déclaré, en précisant avoir un souci «d’efficience et d’efficacité».

Le projet de loi 1 - le premier déposé par le gouvernement Legault - vise à soustraire à toute partisanerie la nomination de trois postes-clés de l’administration publique: le directeur de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), le directeur général de la Sûreté du Québec (SQ) et le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Le projet de loi 3 vise quant à lui à baisser et à uniformiser la taxe scolaire à travers le Québec. L’objectif du gouvernement, d’ici la fin du mandat, consiste à offrir à tous les propriétaires le taux de taxation scolaire le plus bas en vigueur, soit celui appliqué dans la région des Laurentides: 0,10 $ par tranche de 100 $ d’évaluation foncière. Cela se traduirait, pour le gouvernement, par un manque à gagner d’environ 900 millions $.