Le député du Parti québecois Harold LeBel questionne le gouvernement à l’assemblée nationale, à Québec, le 26 mai dernier.  
Le député du Parti québecois Harold LeBel questionne le gouvernement à l’assemblée nationale, à Québec, le 26 mai dernier.  

La CAQ agit comme si elle avait «tué» le PQ, accuse le député Harold LeBel

«Ils ont l’impression qu’ils ont tué le Parti québécois et ils veulent le tuer jusqu’au bout. Mais ce n’est pas vrai, ils ne nous ont pas tués. On est là puis on va faire notre travail.»

Harold LeBel et ses collègues députés du Parti québécois ont avalé de travers les attaques lancées par le premier ministre François Legault à l’endroit de leur chef intérimaire, Pascal Bérubé.

Mardi, durant la période de questions au Salon bleu de l’Assemblée nationale, M. Legault a accusé M. Bérubé de vouloir «tuer le tourisme» dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie parce qu’il aurait préféré retarder la levée du barrage routier de La Pocatière.

Mercredi matin, le péquiste LeBel n’avait toujours pas digéré cet affront.

«Dire à Pascal qu’il a voulu tuer le tourisme, c’était vraiment bas», a jeté le député de Rimouski, abordant lui-même le sujet en point de presse matinal.

«Avec Pascal et les préfets du Bas-Saint-Laurent, les maires des grandes villes du Bas-Saint-Laurent depuis deux mois et demi, on se parle tous les lundis, avec le réseau de la santé. Tous les lundis, tout le monde est en ligne. Et tout le monde disait : “Ça aurait été mieux de repousser les barrages à La Pocatière.” Tout le monde le disait.

«Dans le Bas-Saint-Laurent puis en Gaspésie, les directeurs [régionaux de la Santé publique] nous disaient : “Non, il ne faut pas ouvrir.” C’est ça qu’ils nous disaient. Et là, à un moment donné, on apprend qu’il y a une décision qui arrive de je ne sais pas où, qui ne respecte pas ce que la Santé publique disait chez nous et qui dit : “On ouvre”», explique M. LeBel.

«Cheap shot» de Legault

«La question de Pascal était pertinente, puis le premier ministre nous a regardés de haut», dénonce-t-il, n’hésitant pas à qualifier les propos du premier ministre Legault de «cheap shot». «Il nous a regardés de haut. Puis il fait souvent ça.»

M. LeBel rappelle une précédente prise de bec similaire avec le ministre de l’Environnement, Benoît Charette.

MM. Legault et Charette sont deux anciens du Parti québécois. M. Legault a ensuite fondé la Coalition avenir Québec, en 2011, avant d’y recruter M. Charette.

«Ce genre de façon de nous regarder, à un moment donné, ça fera», tranche M. LeBel.

«Ça fait un bout de temps qu’on sent toujours ce genre de mépris ou je ne sais pas comment qu’on peut appeler ça. Ils ont l’impression qu’ils ont tué le Parti québécois et ils veulent le tuer jusqu’au bout. Mais ce n’est pas vrai, ils ne nous ont pas tués. On est là puis on va faire notre travail. On va continuer. On aura un nouveau chef [élu le 9 octobre]. On a des congrès qui s’en viennent. On a des militants. Ce n’est pas vrai. On est des gens de conviction puis on va continuer à se battre.»

M. LeBel estime de plus que la situation actuelle ne se prête pas aux jeux partisans.

«On a des grosses journées depuis deux mois, deux mois et demi. Les députés, on travaille très fort. La partisanerie ne compte pas là-dedans. On a un travail à faire, on a les questions aussi à poser et on mérite le respect d’un premier ministre qui veut qu’on travaille tout le monde ensemble. Il devrait prêcher par l’exemple», conclut le député de Rimouski.

Après avoir formé un gouvernement minoritaire de 2012 à 2014, le PQ n'a plus que neuf députés à l'Assemblée nationale, alors que la CAQ occupe 76 des 125 sièges d'élus.