Le premier ministre Trudeau estime que le moment est idéal de traverser l’océan pour partager la recette canadienne, vu l’année économique favorable que le pays a connue sous la houlette du gouvernement libéral.

Justin Trudeau se rendra à Davos cette année

L’an dernier, alors que les reportages sur ses vacances chez l’Aga Khan commençaient à sortir, Justin Trudeau avait décidé de faire une croix sur une participation au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, pour éviter de donner l’impression d’être détaché de la classe moyenne.

Cette année, même si l’ombre de l’Aga Khan plane toujours sur le premier ministre en raison de la publication d’un rapport accablant sur cette escapade aux Bahamas, il a tout de même choisi d’être de l’événement dans les Alpes suisses, qui réunira les riches et puissants de la planète.

Le premier ministre Trudeau estime que le moment est idéal de traverser l’océan pour partager la recette canadienne, vu l’année économique favorable que le pays a connue sous la houlette du gouvernement libéral.

« Une des choses dont je vais parler à Davos, c’est à quel point l’approche économique qu’on a prise il y a deux ans pour contrer l’anxiété liée à la mondialisation est en train de fonctionner », a-t-il offert en entrevue de début d’année avec La Presse canadienne.

« Cette année, on a les résultats concrets qu’on peut démontrer : on a la croissance économique la plus forte du G7, on a le plus bas taux de chômage au Canada depuis avant les Jeux olympiques de Montréal. Donc on a une histoire concrète à raconter », a-t-il plaidé.

Lorsqu’on lui a demandé si l’importance de transmettre la bonne nouvelle canadienne l’avait emporté sur l’image que ce voyage au rendez-vous alpin sélect envoyait, il a répliqué que l’on « mettait une approche particulière sur notre décision de ne pas y aller l’an passé ».

« C’est sûr qu’on ne peut pas à chaque année faire tous les voyages qu’on voudrait faire. Il faut toujours faire des choix. (...) C’est un moment naturel pour y aller cette année », a souligné M. Trudeau dans une salle de réunion attenante à son bureau.

Au total, quatre ministres seront du voyage à Davos : Chrystia Freeland (Affaires étrangères), Bill Morneau (Finances), Navdeep Bains (Innovation, Sciences et Développement économique) et Maryam Monsef (Condition féminine).

Il est prévu que Justin Trudeau participe à une séance publique avec la jeune militante pakistanaise — et citoyenne canadienne honoraire — Malala Yousafzai pour discuter d’éducation et d’autonomisation des femmes, a précisé son bureau par voie de communiqué.

Le premier ministre retrouvera dans la petite ville helvète de nombreux dirigeants mondiaux, dont le président américain Donald Trump, qui a retourné sa veste après avoir pesté, pendant sa campagne électorale, contre les rencontres au sommet « mondialistes » de ce genre.

Le locataire de la Maison-Blanche doit d’ailleurs prononcer un discours avant la clôture du sommet. C’est au premier ministre de l’Inde, Narendra Modi, que revient cette année l’honneur de prononcer l’allocution qui donnera le coup d’envoi à l’événement.

Le 48e Forum économique mondial se déroule sous le thème « Construire un avenir commun dans un monde fracturé » et réunira du 23 au 26 janvier environ 2500 participants d’une centaine de pays. Environ 400 ateliers sont à l’horaire, selon le programme dévoilé mardi.

Leadership féminin

Le sommet est cette année entièrement présidé par des femmes. Sept sont aux commandes de l’événement, dont la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, ainsi que la première ministre de la Norvège, Erna Solberg.

La ministre québécoise de l’Économie, Dominique Anglade, se dit « ravie » de cette initiative sans précédent. « Il y a un message que le forum, à mon avis, avait besoin de lancer par rapport à la présence des femmes dans les milieux décisionnels », a-t-elle noté.

« Ma perspective, c’est que c’était nécessaire, parce qu’il reste qu’il y a quand même peu de femmes qui vont à Davos », a-t-elle souligné en entrevue avec La Presse canadienne, mardi.

Selon les informations disponibles sur le site web du Forum économique mondial, quelque 21 pour cent des participants de cette année sont des femmes — il s’agit de la proportion la plus élevée de l’histoire de l’événement.

La ministre Anglade représentera le Québec au sommet de Davos. Le premier ministre Philippe Couillard, qui avait pris l’habitude de s’y rendre depuis qu’il a été élu, sera pour sa part en mission commerciale en Chine pendant ce temps.