Kelly Craft est la première femme à être ambassadrice des États-Unis au Canada.

Justin Trudeau était intraitable sur le dossier culturel, dit Kelly Craft

MONTRÉAL - Le premier ministre Justin Trudeau était intraitable sur le dossier culturel, a déclaré l’ambassadrice américaine au Canada, Kelly Craft, en partageant certains détails internes des négociations de l’ALÉNA, depuis renommé Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC).

Mme Craft a fait cette déclaration à Montréal mardi, alors qu’elle participait à un entretien sur scène dans le cadre du Sommet international des femmes les plus puissantes organisé par le magazine Fortune.

Pour elle, le dossier culturel a été la surprise des négociations.

«D’être à Montréal a vraiment mis en relief la raison pour laquelle le premier ministre n’était pas ouvert à la négociation dans le dossier culturel. (...)». Cette importance de préserver la culture, (...) cela m’a donné la motivation de ramener ça à la maison et de me concentrer sur notre culture. Alors, merci Montréal.»

L’exception culturelle canadienne a été maintenue dans le nouvel accord: cette exception protège la culture canadienne du libre marché et fait en sorte que les produits culturels ne seront pas traités comme les autres biens de consommation.

Mme Craft, première femme à être ambassadrice des États-Unis au Canada, se trouvait dans la salle avec les négociateurs de l’accord commercial.

Nommée en octobre 2017 par le président américain Donald Trump, elle s’est retrouvée en plein coeur du débat dès ses débuts en poste.

Ce qui l’a marquée durant cette période, c’est comment le président était «profondément loyal» envers les travailleurs dans le cadre de cette négociation commerciale.

«Chaque fois que je quittais le Bureau ovale (à la Maison-Blanche), le président disait: ‘Kelly, n’oublie pas les fermiers. N’oublie pas les travailleurs’». En entendant cette remarque, des regards dubitatifs ont été échangés par des femmes assises à une table non loin de la scène.

De Chrystia Freeland, la ministre canadienne des Affaires étrangères en charge des négociations, elle dira qu’elle est une «négociatrice féroce».

Mme Kraft assure que les deux femmes ont développé une relation vraiment cordiale. Un soir, alors qu’une alarme incendie fut déclenchée en plein milieu de la nuit, forçant tout le monde à se retrouver dans le hall d’entrée de leur hôtel montréalais en robe de chambre, Mme Craft a raconté que la ministre lui a dit que si elle était enfermée hors de sa chambre, qu’elle pouvait venir dans la sienne, faire un genre de «party pyjama», «parce qu’il faut vraiment trouver une solution à ce truc qu’est l’ALÉNA», a-t-elle raconté.

Kelly Craft doit entreprendre dès décembre une tournée avec l’ambassadeur canadien aux États-Unis, David MacNaughton. La tournée, surnommée «Mac et Craft» (Mac and Craft chats), a pour objectif d’écouter les préoccupations des entreprises par rapport au commerce transfrontalier, en lien avec la conclusion de l’Accord le 30 septembre dernier.