Les manifestants ont interpellé les premiers ministres du Canada et du Québec.

Jour de la Terre: chaîne humaine autour de l’Assemblée nationale

Plusieurs centaines de jeunes et militants écologistes se sont rassemblés autour de l’Assemblée nationale pour créer une chaîne humaine, lundi, à l’occasion du Jour de la Terre. Par un geste symbolique, ils ont mis de la pression sur les députés en poussant l’Assemblée nationale avec leurs mains.

L’événement a commencé par une cérémonie wendate par Shanipiap : Entre nous et Maman Terre. Une marche s’est par la suite mise en branle dans les rues de Québec. L’objectif du rassemblement dit «symbolique et festif» était de réclamer au gouvernement québécois qu’il prenne «des actions concrètes face à l’urgence climatique». 

Pendant la marche, les manifestants ont scandé : «On est plus chaud que le climat, ce n’est qu’un début, continuons le combat». Ils ont aussi interpellé les premiers ministres du Canada et du Québec en leur disant : «Trudeau, Legault, faites vos devoirs, la récré est terminée.»

«Les jeunes nous disent qu’ils sont tannés d’attendre un changement de cap. J’ai dit à M. Legault cette semaine : “Vous pensez que c’est moi qui capote, venez rencontrer les jeunes. Ils vont vous expliquer pourquoi même si vous faites accroire qu’il y a des investissements qui sont faits pour la lutte contre les changements climatiques, on comprend qu’en bout de ligne, ça ne changera pas grand-chose, alors venez les voir.” Il m’a répondu qu’il ne viendrait pas parce que ce n’est pas la place d’un premier ministre. Moi, je trouve que c’est ma place ici», a mentionné la co-porte-parole de Québec Solidaire, Manon Massé.

Josiane Léger est venue de Laval avec ses deux enfants pour manifester et interpeller le gouvernement. «Il faut que ça bouge, on est au bord du gouffre. C’est maintenant que les dirigeants doivent prendre des mesures», a-t-elle insisté.

Le porte-parole du Parti québécois en matière d’environnement, Sylvain Gaudreault, député de Jonquière, était également présent à la manifestation. Il demande au gouvernement d’appeler en commission parlementaire son projet de loi 194, qui a l’appui de Québec solidaire et du Parti libéral du Québec. «Il faut que le gouvernement dise : “On ne prend pas l’engagement de l’adopter”, je suis prêt à vivre avec ça, “mais on va entendre les groupes pour qu’ils nous disent ce qu’ils pensent d’un projet de loi comme celui-ci”. Ça va aider le gouvernement à faire un pas vers l’avant et de gagner du temps, car il va devoir présenter un nouveau plan d’action sur les changements climatiques à partir de l’année prochaine.»

Geste symbolique 

De retour devant l’Assemblée nationale, les manifestants ont encerclé le bâtiment. Pendant ce temps-là, une dizaine de jeunes ont pris la parole pour expliquer la raison de leur mobilisation et interpeller le gouvernement.

Au signal des organisateurs, les gens se sont pris la main et ont réalisé un geste symbolique en poussant vers l’Assemblée nationale pour mettre la pression sur les députés.

«Ça va être avec des actions citoyennes concrètes qu’on va faire la différence et forcer le gouvernement à s’engager», a indiqué Vincent Lapointe, étudiant à l’Université Laval.

Selon M. Gaudreault, un message fort est envoyé au gouvernement et il doit l’entendre. «Il y a des événements de plus en plus concrets qui démontrent les changements climatiques. La population saisit ça et se mobilise de plus en plus», a-t-il souligné. 

Des navettes en provenance de Saguenay, Montréal, Sherbrooke, Trois-Rivières et Gatineau avaient été proposées gratuitement pour transporter les manifestants à Québec. 

L’événement s’est tenu un peu plus d’un mois après une manifestation pour le climat à Québec. Le Jour de la Terre est célébré chaque année le 22 avril dans le monde entier, et permet de sensibiliser les sociétés civiles aux enjeux des changements climatiques.