Le nouveau ministre de l’Infrastructure, François-Philippe Champagne

Infrastructures: les libéraux veulent souligner les bienfaits des investissements

Un peu plus d’un an avant les prochaines élections fédérales, les libéraux de Justin Trudeau espèrent rappeler aux Canadiens les bienfaits découlant de l’une de leurs promesses phares des dernières élections: l’investissement de milliards de dollars dans les infrastructures.

La semaine dernière, des députés libéraux de partout au pays ont participé à des événements dans leurs circonscriptions visant à présenter des projets financés dans le cadre de la première phase des investissements de 180 milliards $ promis par le gouvernement Trudeau sur 12 ans.

Le premier ministre a lui-même visité la semaine dernière le chantier de construction du garage Côte-Vertu, conçu pour accueillir les wagons de train supplémentaires du métro de Montréal - un projet dans lequel le gouvernement fédéral s’est engagé à verser 87,6 millions $.

Le nouveau ministre de l’Infrastructure, François-Philippe Champagne, qui est entré en fonction le mois dernier, a entrepris une tournée pancanadienne des projets financés par le gouvernement fédéral.

Et des dizaines de fois, le gouvernement a diffusé des communiqués de presse, pour promouvoir les avantages de nombreux projets, grands et petits, allant du transport en commun et des ponts, aux centres de loisirs et aux belvédères.

Aucun projet n’était trop petit pour célébrer.

Un communiqué qui annonçait l’investissement de 150 000 $ du gouvernement fédéral pour installer un nouveau toit de patinoire à Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud, au Québec, soulignant «l’importance d’avoir de bonnes infrastructures récréatives qui encouragent les gens à adopter un mode de vie sain et contribuent à faire des communautés des lieux de vie dynamiques et inclusifs».

D’autres publications vantaient les avantages d’investir dans les infrastructures touristiques, qui «jouent un rôle clé dans le développement de communautés dynamiques et prospères» et dans les installations culturelles, contribuant de la même manière «à créer des communautés dynamiques et connectées qui permettent aux économies locales de croître».

Souligner l’impact des projets

Le ministre Champagne a expliqué que cette campagne avait pour objectif d’impliquer les députés dans leurs projets locaux et de les amener à écouter l’opinion de leurs concitoyens sur ceux-ci.

Il a toutefois reconnu qu’elle visait également à attirer l’attention sur l’impact de ces projets financés par Ottawa sur les Canadiens, qui ignorent parfois l’implication du gouvernement fédéral.

«Je ne suis pas certain que les infrastructures soient toujours dans les nouvelles», a déclaré le ministre en entrevue.

«Mon expérience est que les gens sont très satisfaits quand ils voient les gouvernements travailler ensemble pour offrir (ces projets). Et je pense que c’est ce que nous soulignons.»

M. Champagne se réjouit que plus de 4000 projets aient été approuvés depuis que le gouvernement Trudeau a pris le pouvoir en 2015. Il a seulement visité quelques-uns d’entre eux jusqu’à maintenant, mais il a déjà constaté «l’impact de ce que nous faisons depuis le budget 2016».

«Je trouve que nous avons un impact sur la vie des gens», a-t-il indiqué, ajoutant que «ce n’est pas toujours la somme qui importe, car un petit montant dans une petite communauté peut avoir un impact important».

Lenteur des investissements

Cependant, le gouvernement s’est fait critiquer pour avoir distribué lentement les investissements.

Le Directeur parlementaire du budget (DPB) a indiqué en mars dernier que le gouvernement avait approuvé des projets qui ne représentaient que la moitié des 14,4 milliards $ prévus pour la première phase du programme d’infrastructure. À l’époque, Amarjeet Sohi, le prédécesseur de M. Champagne, s’était défendu en disant que le DBP ne disposait pas de toutes les données.

Le cabinet du ministre Campagne affirme maintenant que 100 pour cent des fonds réservés ont été investis dans plus de 4 200 projets, bien que 70 pour cent des promoteurs de projets n’aient pas encore réclamé leur part des fonds fédéraux.

De plus, a ajouté le bureau du ministre, il ne s’agit là que des projets qui ont été approuvés par Infrastructures Canada: plus de 26 000 autres projets ont été admis pour un financement de 7,3 milliards $ auprès de 13 autres ministères et organismes fédéraux.

Selon M. Champagne, les critiques concernant le déploiement tardif des dollars sont en grande partie une question de «comptabilité» - l’argent a été engagé mais il n’est versé que lorsque les factures sont soumises. Il préfère se concentrer à parler de ce que les communautés ont à gagner des projets qui n’auraient pas vu le jour sans le financement fédéral.

«Je pense que l’impact est quelque chose qui est probablement plus proche des citoyens que la comptabilité concernant le moment où les factures sont soumises par différentes provinces ou territoires», a-t-il fait remarquer.

M. Champagne souhaite examiner s’il existe d’autres «mesures» permettant d’évaluer le succès du programme d’infrastructure, telles que la création d’emplois ou l’impact sur la communauté.

Le rapport du directeur parlementaire du budget estimait que les dépenses d’infrastructure à ce stade avaient stimulé la croissance économique de 0,1 pour cent en 2016-2017 et en 2017-2018, en plus de contribuer à créer entre 9600 et 11 100 emplois l’an dernier.