La planification des seuils d’immigration d’ici 2022 fera l’objet d’une consultation publique en août.

Immigration: la CAQ prête à repartir à la hausse

Un an après avoir baissé le nombre d’immigrants que le Québec peut recevoir, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) est prêt à repartir à la hausse. Si le plan gouvernemental déposé vendredi va de l’avant, il s’agira d’un retour en 2022 à la situation qui prévalait en 2018 sous les libéraux de Philippe Couillard.

Le gouvernement de la CAQ souhaite augmenter progressivement les seuils d’immigration, en ouvrant la porte à environ 4000 immigrants de plus par année. Ainsi, les seuils d’immigration passeront de 40 000 en 2019 à 52 500 en 2022.

«On a toujours dit qu’on allait faire une baisse temporaire», explique le ministre de l’Immigration Simon Jolin-Barrette. Selon lui, «il fallait prendre un pas de recul avec le système d’immigration de façon à faire en sorte de le réparer, de le moderniser». 

Le budget du ministère de l’Immigration a d’ailleurs été augmenté de 42 % cette année, afin d’offrir de la francisation et un «parcours personnalisé» à chaque immigrant. «C’était fondamental de réduire les seuils parce qu’il faut consacrer davantage d’énergie à chaque personne immigrante qui choisit le Québec», plaide le ministre. 

Mais pour mener à bien son projet, M. Jolin-Barrette a besoin de la collaboration des partis d’opposition pour faire en sorte d’adopter le projet de loi 9 réformant le système d’immigration d’ici la fin de la session parlementaire, dans une semaine. Huit organismes économiques ont également joint leurs voix vendredi pour réclamer l’adoption de ce projet de loi d’ici la fin de la session. 

La députée libérale Dominique Anglade réplique qu’elle était bien prête à collaborer, mais que ce projet de loi a été moins étudié dans la semaine qui s’achève que celui sur la laïcité de l’État, dont M. Jolin-Barrette est aussi responsable. 

Erreur

Mme Anglade croit par ailleurs que la CAQ a fait une «erreur» en réduisant les seuils d’immigration et qu’elle la corrige, en se rangeant à la position de son parti. «Ils se rendent bien compte que d’un point de vue économique, ça ne tient pas la route.»

La députée solidaire Ruba Ghazal croit quant à elle que cette baisse de l’immigration était «une promesse populiste pour dire que les immigrants, c’est un problème». Elle déplore «la peur de l’immigrant» et la «confusion» que cette baisse a pu créer. 

Pour le chef du Parti québécois Pascal Bérubé, cette baisse des seuils d’immigration était «essentiellement un slogan électoral». Son parti propose plutôt qu’une instance indépendante soit en charge d’établir combien le Québec peut accueillir d’immigrants chaque année. 

Dans un document de consultation déposé vendredi à l’Assemblée nationale, le gouvernement entend surtout favoriser les immigrants économiques, afin que leur proportion passe de 59 % à 65 % en 2022. En contrepartie, le nombre de réfugiés que le Québec recevrait stagnerait. 

Le gouvernement veut également «favoriser la sélection de personnes immigrantes connaissant les valeurs démocratiques et les valeurs québécoises» et «viser l’admission de personnes immigrantes adultes connaissant le français».

La planification des seuils d’immigration sur trois ans fera l’objet d’une grande consultation publique à l’Assemblée nationale à partir du 12 août.