Le président de l’Association de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, a dévoilé les grandes lignes de la quarantaine de manifestations qui se tiendront simultanément dans 40 endroits de la province.

Grande mobilisation pour les services en français

Une quarantaine de lieux de rassemblement ont déjà été identifiés pour la grande journée de mobilisation provinciale qui se tiendra le 1er décembre pour dénoncer les coupes dans les services en français en Ontario.

Parmi les 40 événements de mobilisation, quatre auront lieu à Ottawa. La manifestation initialement prévue ce vendredi devant le Monument des droits humains en fera partie, en plus de rencontres devant les bureaux de députés progressistes-conservateurs soit, Merrilee Fullerton (Kanata-Carleton), Jeremy Roberts (Ottawa-Ouest-Nepean) et Lisa MacLeod (Nepean).

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a convié la presse jeudi matin pour présenter le bilan de sa mobilisation. Le président, Carol Jolin, a répété que l’AFO souhaite le rétablissement du Commissariat aux services en français et du projet de l’Université de l’Ontario français.

« Nous demandons au gouvernement de l’Ontario de revenir sur sa décision et d’honorer sa promesse électorale », a insisté M. Jolin.

Malgré qu’il considère l’abolition de ces deux institutions comme une attaque à la francophonie ontarienne, Carol Jolin indique clairement qu’il souhaite une résolution diplomatique à cet enjeu. « Nous souhaitons garder une communication ouverte avec le gouvernement de l’Ontario », affirme-t-il.

L’AFO a rencontré le chef du Parti conservateur au fédéral, Andrew Scheer, mercredi, et M. Jolin soutient qu’il était important de partager « les vrais faits » avec le leader conservateur. Ce dernier se serait engagé à poursuivre les discussions avec le premier ministre ontarien, Doug Ford, pour le faire changer d’avis.

Aucune réponse

L’AFO a envoyé une lettre à M. Ford pour demander une rencontre avec lui. Pour l’instant, l’Assemblée de la francophonie n’a pas eu de réponse à cette requête et n’a pu s’entretenir avec le premier ministre ni avec la ministre déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney.

Bien qu’il préfère une résolution politique à ce conflit, par la voie de discussions avec les élus concernés, Carol Jolin assure toutefois que l’AFO fera « tout ce qu’il faut pour sauvegarder nos institutions », incluant de se présenter devant les tribunaux.

Plus de 70 avocats étaient rassemblés dans les bureaux de l’AFO à Ottawa, jeudi matin, pour préparer un plan d’attaque, au cas où une contestation judiciaire devienne nécessaire pour résoudre une impasse.

À cet égard, le président de l’AFO s’est réjoui de la volonté exprimée par la ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly, de relancer le programme de contestation judiciaire qui pourrait financer en partie les démarches contre le gouvernement provincial.

« On sait que les avocats, ça ne travaille pas pour des peanuts », a rappelé à la blague, M. Jolin.

L’AFO continue de recueillir les dons afin de financer tant ses activités de mobilisation que d’éventuelles démarches juridiques. Jusqu’à maintenant, près de 32 000$ ont été offerts par des sympathisants à la cause en Ontario, ailleurs au Canada et, dans certains cas, à l’extérieur du pays.

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SIMARD UNE ALLIÉE, MULRONEY AUSSI ?

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, a félicité la députée progressiste-conservatrice de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, d’avoir dénoncé les coupes de son gouvernement dans les services en français. Il espère qu’en coulisse, il compte sur un appui similaire de la part de Caroline Mulroney.

« Amanda, après la sortie d’hier, c’est une alliée extrêmement importante pour nous. Je suis fier d’elle parce qu’elle a respecté ses valeurs et elle a écouté son cœur de Franco-ontarienne », a souligné M. Jolin jeudi matin.

L’AFO n’a toujours pas eu de discussion avec la ministre déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney, depuis l’abolition du Commissariat aux services en français et l’annulation du projet d’université francophone à Toronto. 

Bien que cette dernière ait défendu la décision de son gouvernement sur la place publique, Carol Jolin espère toujours qu’elle puisse être une alliée.

« Je préfère mon siège au sien, en ce moment. Elle est dans une position très délicate en devant appuyer la ligne de parti, à titre de ministre. »

« Son mandat, c’est de faire avancer la francophonie et de veiller à la pérennité de notre communauté. C’est évident que les engagements qui sont pris jusqu’à maintenant, ça ne fait pas prospérer la communauté francophone », ajoute le président de l’AFO.

Questionné à savoir s’il souhaitait la démission de Mme Mulroney, Carol Jolin a rétorqué qu’il croit toujours qu’elle peut être une amie des francophones dans les démarches pour faire reculer le gouvernement de Doug Ford.

« Les directives ne sont pas venues de son bureau, elles sont venues de la tour d’ivoire où les décisions sont prises et d’où on dit aux ministres, allez vous présenter devant les médias, explique M. Jolin. Ce qui se dit dans les journaux, c’est une chose. Ce qui se dit derrière les portes closes avec M. Ford, c’en est une autre. Je ne suis pas certain que c’est le même message qui sort aux deux endroits. »