Le ministre assure que tous les bogues informatiques de SAGIR ont été réglés. Les 70 000 fonctionnaires réguliers du gouvernement ont en poche la totalité de leur salaire, tout comme les employés saisonniers, qui ont vu leurs problèmes résolus au début août.

Gouvernement du Québec: la majorité des problèmes de paie réglés

Alors que des ratés avec le système informatique SAGIR ont privé 13 000 fonctionnaires québécois d’une partie de leur paie en juillet, ils ne sont plus que 84 à être toujours en attente de sommes dues.

Le ministre de la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, est soulagé que la mise à jour du système de paie des fonctionnaires québécois, survenue au début juillet, n’ait pas viré au cauchemar. «Technologiquement, l’affaire est réglée. Il reste du cas par cas à finaliser.»

Audrey*, qui corrige les examens du ministère de l’Éducation que passent les élèves du secondaire et les étudiants du cégep, est l’un de ces cas. En sept ans, c’est la première fois qu’elle doit attendre aussi longtemps avant d’être entièrement payée. Le temps supplémentaire qu’elle a réalisé les fins de semaine et le 24 juin n’a pas encore été rémunéré. 

«Ne pas avoir eu l’argent que j’attendais cette semaine, alors qu’on nous dit depuis des semaines que ça va se régler, c’est la goutte qui a fait déborder le vase», raconte-t-elle en entrevue au Soleil

Lorsqu’elle appelle aux ressources humaines pour comprendre ce qui se passe, on soupire à l’autre bout de la ligne. «Plusieurs correcteurs sont dans la même situation. C’est rendu un running gag.» On lui promet maintenant qu’elle récupérera son argent d’ici le 29 août. 

Occupant un emploi précaire durant l’année scolaire, Audrey comptait sur ce contrat avec le gouvernement pour boucler son budget durant l’été. «C’est décourageant. Je trouve ça inacceptable dans la mesure où c’est récurrent», commente-t-elle. 

Si M. Caire comprend que certains employés occasionnels soient irrités par la situation, il persiste à dire que les problèmes qui restent avec le système de paie sont «à la marge». «Pour les correcteurs, il y a des problèmes au niveau des saisies de données et des autorisations. C’est pas un facteur technologique, c’est probablement un facteur humain», explique-t-il. 

Le ministre assure que tous les bogues informatiques de SAGIR ont été réglés. Les 70 000 fonctionnaires réguliers du gouvernement ont en poche la totalité de leur salaire, tout comme les employés saisonniers, qui ont vu leurs problèmes résolus au début août. 

«La seule chose qu’il nous reste à régler, c’est au niveau de la performance (de SAGIR). Dans les grosses périodes de pointe, le système est lent», indique M. Caire. 

Au final, il qualifie l’opération d’implantation de nouveaux modules de paie de «grand succès». «Si le critère pour dire que c’est un succès, c’est la perfection, on n’aura jamais de succès en informatique», plaide-t-il. 

Rien à voir avec phénix

Selon lui, les problèmes vécus par les fonctionnaires du gouvernement du Québec n’ont «rien à voir» avec ceux que les fonctionnaires du gouvernement fédéral connaissent depuis plusieurs années en raison du «fiasco» du système de paie Phénix. 

À Québec, la mise en place du nouveau module de paie de SAGIR a coûté 45 millions $, alors qu’un budget de 47 millions $ était prévu. Par le passé toutefois, le système informatique SAGIR a connu de nombreux ratés, retards et dépassements de coûts. La facture totale pour cette plate-forme qui s’occupera bientôt de toute l’administration gouvernementale (embauche, factures, paie, etc.) devrait atteindre les centaines de millions de dollars. 

M. Caire réitère que le lancement de SAGIR, il y a quelques années, a été «catastrophique». Il dit toutefois avoir maintenant confiance aux équipes d’informaticiens à l’interne, si bien qu’il souhaite poursuivre l’implantation de SAGIR au cours des prochaines années.

*Nom fictif (notre interlocutrice souhaite garder l’anonymat)