«C’est surréaliste d’entendre la porte-parole du Parti libéral exiger qu’on revoie nos cibles, alors qu’eux n’ont pas atteint 50 % de leurs propres objectifs. Ce n’est pas sérieux», lance le ministre de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, Benoit Charette, qualifiant la cible actuelle de «très ambitieuse, mais pas irréaliste».
«C’est surréaliste d’entendre la porte-parole du Parti libéral exiger qu’on revoie nos cibles, alors qu’eux n’ont pas atteint 50 % de leurs propres objectifs. Ce n’est pas sérieux», lance le ministre de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, Benoit Charette, qualifiant la cible actuelle de «très ambitieuse, mais pas irréaliste».

GES: cible ratée pour 2020

Pour une troisième année de suite, les émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec ont encore grimpé. La cible de réduction pour 2020 sera donc ratée, constate le ministre, qui met la faute sur le gouvernement précédent.

La hausse pour 2017, car ces statistiques arrivent toujours deux ans plus tard, est de 0,2 % par rapport à 2016. Donc très faible. À peine 130 kilotonnes (130 000) en équivalent CO2 sur les 78 635 kt (78 635 000) produits à la grandeur de la province.

Par contre, quand l’on considère que le but est de réduire les émissions de GES pour tenter de sauver la planète, ce n’est rien pour se réjouir. Encore moins quand on réalise que le Québec est bien loin de sa cible fixée à 20 % de réduction par rapport aux émissions de 1990, qui s’établissaient à 86 102 kt.

La baisse globale est de 8,7 % par rapport à 1990. Seulement 1,3 % de diminution cumulée de 2013 à 2017, avec des hausses en 2015 (0,3 %), en 2016 (0,04 %) et en 2017 (0,2 %).

«On l’avait dit il y a un an en arrivant au pouvoir, et on se l’était fait reprocher, mais les chiffres le confirment aujourd’hui. Le rendez-vous de 2020 est raté», a confirmé le ministre de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, Benoit Charette, mercredi, avant le dernier conseil des ministres de l’année pour le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ).

«Raté par l’inaction des libéraux», enchaîne du même souffle le ministre, rappelant vivre encore sous le joug du plan d’action du Parti libéral. «Clairement, c’est le bulletin des libéraux. Nous, notre bulletin sera en 2030 avec le nouveau plan d’action 2020-2030 que je vais déposer en début d’année prochaine.»

M. Charette parle de l’autre cible de réduction des émissions de GES de 37,5 % pour 2030. Reste que le bilan de la CAQ viendra bien avant, mais quand même pas avant la fin de 2022 pour la première année de son plan d’action, soit 2020. Et comme le hasard fait mal, ou bien, les choses, les chiffres sortiront après la prochaine élection générale.

Pas question de revoir à la hausse l’objectif de 37,5 % de diminution pour 2030, comme l’ont demandé Québec solidaire et du Parti libéral du Québec. «C’est surréaliste d’entendre la porte-parole du Parti libéral exiger qu’on revoie nos cibles, alors qu’eux n’ont pas atteint 50 % de leurs propres objectifs. Ce n’est pas sérieux», lance M. Charette, qualifiant la cible actuelle de «très ambitieuse, mais pas irréaliste».

Durant 15 ans de règne libéral, incluant les 19 mois au pouvoir du Parti québécois, la baisse des émissions de GES a été de 13,4 %, soit de 89 136 kt en 2003, sommet historique, à 78 635 kt, en 2017. Mais 8,7 % par rapport à 1990.

Ne pas pénaliser les autos

En 2017, 43,3 % des émissions québécoises de GES sont attribuables au transport. Dont 34,5 % au transport routier, un peu plus que le tiers du total. Depuis 1990, alors que la baisse globale avoisine 9 %, le transport routier au Québec a augmenté son empreinte carbone de près de 50 % et 9000 kt. Spécifions néanmoins que les émissions du transport routier ont diminué de 1 % de 2016 à 2017.

«Depuis le départ, on essaie de convaincre les gens d’embarquer dans ce mouvement. Il n’y aura pas de pénalité si on prend la voiture au lieu du transport en commun. Des fois, la voiture est la seule alternative. Mais il faut faire en sorte que la voiture soit électrique quand c’est possible. Le transport, c’est large, ce n’est pas que la voiture. Mais la voiture solo demeure un défi», reconnaît-il.

L’objectif que le ministre ne laisse pas tomber pour 2020, c’est celui de mettre 100 000 véhicules électriques sur les routes du Québec pour la fin de l’année. En ce moment, nous sommes autour de 65 000.

Outre le transport, l’industrie (+ 2,9 %) pèse dans la balance annuelle. Surtout ses procédés industriels en hausse de 5,7 %, qui pèsent de ses 679 kt de plus dans un bilan global de + 130 kt.

«Le budget sera sans doute le meilleur indicateur de la place qu’on va accorder à l’environnement et à ce niveau-là, je suis plutôt optimiste pour la suite des choses», promet en conclusion le ministre Charette, comme quoi son premier véritable bulletin viendra ce printemps.