Le projet de loi 34, qui devrait être adopté à l’automne, gèle les tarifs d’électricité en 2020 et fixe la hausse des prix de l’électricité à l’inflation au cours des quatre années suivantes.

Gel des tarifs d’électricité en 2020

Les familles québécoises économiseront en moyenne 215 $ sur leurs factures d’électricité en cinq ans, grâce à une remise et à un gel des tarifs en 2020.

C’est tout sourire que le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Jonatan Julien a expliqué mercredi les économies d’électricité qui seront réalisées par les clients résidentiels, mais aussi par les commerces et les grandes entreprises industrielles.

Le projet de loi 34, qui devrait être adopté à l’automne, gèle les tarifs d’électricité en 2020 et fixe la hausse des prix de l’électricité à l’inflation au cours des quatre années suivantes. 

Le gouvernement vide également le fonds de réserve d’Hydro-Québec en retournant 500 millions $ aux Québécois sur la première facture qu’ils auront à payer en 2020. Ce qui équivaut à une remise moyenne de 60 $ pour une maison unifamiliale. 

La Coalition avenir Québec (CAQ) était sous pression depuis quelques mois pour rembourser les trop-perçus de 1,5 milliard $ d’Hydro-Québec, tel qu’elle le réclamait sur les banquettes de l’opposition. Le chef de la CAQ François Legault avait décrié il y a quelques années cette «taxe déguisée». 

M. Julien explique que c’est après «avoir écouté les Québécois» que son gouvernement arrive avec cette solution «pragmatique», qui assure une «prévisibilité» des prix. Au cours des 40 dernières années, le prix de l’électricité a subi des soubresauts au Québec, mais à long terme, les hausses de tarif ont été quelque peu au-dessus de l’inflation. 

Le gouvernement ne pigera pas dans ses propres surplus pour rembourser les trop-perçus par Hydro-Québec depuis 2008. Il demande plutôt à la société d’État de gérer ses risques à l’avenir pour arriver à un résultat similaire. Rappelons toutefois que depuis 2019, le prix de l’électricité au Québec était déjà ajusté en tenant compte des trop-perçus du passé. 

En 2025, la Régie de l’énergie reprendra les rênes de la fixation des tarifs d’Hydro-Québec; tarifs qui seront revus tous les cinq ans, au lieu de toutes les années. 

À la Régie de l’énergie, quatre personnes travaillent actuellement au calcul du coût de l’électricité au Québec. «Il n’y aura pas coupure de quatre postes, parce que je vous dirais que dans d’autres dossiers, ils ont de la broue dans le toupet», soutient M. Julien. 

Collaboration avec Hydro

La solution trouvée par le ministre Julien pour «retourner de l’argent dans les poches des Québécois» a été concoctée en collaboration avec Hydro-Québec. «On est extrêmement satisfaits», a commenté Élise Proulx, vice-présidente chez Hydro-Québec. 

Malgré le gel des tarifs, Mme Proulx ne s’inquiète pas qu’Hydro-Québec manque de fonds ou doive couper dans les dépenses en 2020. «Notre programme d’investissement va demeurer le même.»

La société d’État a l’intention de se constituer un autre fonds de prévoyance et d’aller chercher ailleurs des revenus supplémentaires, par exemple en «augmentant les exportations», indique Mme Proulx. 

Le directeur Québec de la Fédération canadienne des contribuables Renaud Brossard se réjouit de ce qu’il qualifie de «victoire des citoyens». M. Brossard a déposé il y a quelques semaines au bureau du premier ministre François Legault une pétition de 75 000 noms demandant à ce que les trop-perçus soient remboursés. 

«On aurait aimé mieux un chèque dans la malle pour chacun des clients d’Hydro-Québec, mais ce que le gouvernement offre, c’est la deuxième meilleure façon de les rembourser», commente-t-il. 

La députée solidaire Ruba Ghazal s’inquiète toutefois que le projet de loi 34 enlève des pouvoirs à la Régie de l’énergie, le chien de garde des consommateurs, et offre «un cadeau» aux grandes industries, en abaissant leurs tarifs d’électricité. «On a l’impression que c’est un tour de passe-passe», commente-t-elle.