Gatineau dépense de plus en plus en publicité

La façon de communiquer de la Ville de Gatineau a considérablement changé depuis 2013, tant avec les médias qu’avec les organisations partenaires et les citoyens. Aussitôt installé dans le siège du maire, Maxime Pedneaud-Jobin a affirmé qu’il s’attendait à une « ville qui communique plus et qui communique mieux ». Dans les dernières années, cela s’est reflété par une réorganisation en profondeur du service des communications, par le lancement de la plus importante campagne d’identité locale depuis la fin des années 1980, et évidemment, par une augmentation du budget publicitaire.

Au cours des cinq dernières années, les sommes dépensées par le service des communications de la Ville de Gatineau en publicité dans les journaux, à la télé et à la radio ont doublé, passant de 342 000 $ en 2014 à 674 790 $ l’an passé. C’est ce que démontrent des rapports émanant du service des communications obtenus par Le Droit en vertu de la loi d’accès à l’information.

On y découvre, entre autres, que la station radiophonique Rouge FM (105 595 $) et le journal Le Droit (91 091 $) sont les deux médias ayant fait le plus de revenus publicitaires avec la Ville de Gatineau en 2018. Les médias électroniques conservent, année après année, la part du lion. Les placements sur les réseaux sociaux ne représentent encore qu’une faible partie des dépenses publicitaires de la Ville, mais les Facebook, Instagram et Twitter de ce monde ont vu leurs revenus provenant de Gatineau croître de 996 % depuis 2014.

« Oui, je veux qu’on communique, et de voir ces budgets aller en augmentation, ça ne fait que commencer, affirme M. Pedneaud-Jobin. Quand on agit, comme ville, il faut expliquer ce qu’on fait. » Le maire affirme n’être nullement préoccupé par l’évolution des dépenses de la Ville en publicité. Il mentionne au passage les importantes campagnes de communication, notamment sur la gestion des matières résiduelles, la sécurité dans les rues ou le cannabis. « On doit communiquer le mieux possible et le plus souvent possible avec nos citoyens, ajoute-t-il. Je pense qu’on communique pour les bonnes raisons. Ce sont souvent des dépenses qui deviennent des investissements. Quand les gens changent leurs comportements, c’est pour toujours après ça. »

Parler d’une seule voix

Avant 2013, les différents services municipaux géraient eux-mêmes leurs besoins en placement publicitaire. Il en résultait des lacunes quant à la cohérence des messages et de l’image corporative. De plus, le modèle n’était pas jugé optimal pour rentabiliser l’ensemble des placements média de la Ville. Cette réflexion s’était déjà amorcée vers la fin de l’ère Bureau, notamment avec le retour dans le giron municipal du directeur des communications, Jean Boileau.

Gatineau a par la suite adopté une politique de communication. Pratiquement tout ce qui touche le placement publicitaire, pour l’ensemble de l’organisation, a été rapatrié au service des communications, ce qui explique en partie l’augmentation du budget de ce département en placement publicitaire. La Ville a embauché une agence spécialisée en placement média, Communications LM, pour gérer tous les contrats publicitaires entre la Ville et les différents médias. « Ça nous a permis d’avoir de meilleurs taux pour acheter de la publicité et d’avoir une seule voix pour négocier nos placements publicitaires », explique M. Boileau.

La chef de section de l’information et de la promotion au service des communications, Francine Craig, ajoute que de cette façon, la Ville en a maintenant plus pour son argent. « On est plus efficace en travaillant comme ça, dit-elle. Ce n’est pas tout de faire un placement média. Des fois le média a des choses à proposer. C’est plus simple d’avoir une firme spécialisée pour négocier, avoir une meilleure visibilité et de meilleures heures d’écoute. Nous n’avions pas toujours le temps de bien faire ce travail de négociation. »

Ce dégagement de responsabilités a permis au service des communications de se concentrer davantage sur les campagnes de communication de la ville. Depuis cinq ans, toute la conception graphique du matériel publicitaire de Gatineau est conçue à l’interne. Ainsi, la campagne « Gatineau pour la vie », celle de la prudence dans les rues et la campagne pour appuyer le nouveau Plan de gestion des matières résiduelles sont des produits entièrement maison, sauf pour certaines productions vidéo.

>> Lisez le dossier complet sur les dépenses publicitaires de la Ville de Gatineau

À lire demain :

  • De «Gatineau on y croît» à «Gatineau pour la vie»
  • Où ira le budget des avis publics