Catherine McKenna

G7: David Suzuki réclame la démission de McKenna

HALIFAX — La ministre canadienne de l’Environnement, Catherine McKenna, a accueilli ses homologues du G7 mercredi à Halifax, en leur demandant de faire plus pour combattre les changements climatiques. Pendant ce temps, l’éminent environnementaliste David Suzuki réclamait sa démission en raison du soutien du gouvernement Trudeau aux combustibles fossiles.

La ministre McKenna a donc ouvert la rencontre en racontant avoir rencontré des Inuits de l’Arctique qui craignent de défoncer la glace trop mince lorsqu’ils chassent le phoque. Elle a expliqué que les habitants du Nord attendaient impatiemment que les leaders nationaux prennent les mesures nécessaires pour combattre le réchauffement de la planète.

Les ministres du G7 des Océans et de l’Énergie assistent également à la rencontre. En plus des changements climatiques, ils discuteront de la pollution des océans par le plastique, de la pêche illégale et de l’énergie propre.

Mme McKenna a déclaré qu’il était important de renforcer les règles dès cette année pour s’assurer que les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixés dans l’accord de Paris sur le climat soient respectés.

Alors qu’elle prononçait son discours, sa démission était réclamée par David Suzuki dans un article publié mercredi par La Presse.

Si elle pense réellement ce qu’elle dit, Catherine McKenna devrait démissionner «au lieu de faire l’apologie du gouvernement», affirme David Suzuki sur le site internet du média montréalais. M. Suzuki a estimé que le Canada manquait de crédibilité en matière de changement climatique, le gouvernement libéral soutenant la construction d’un oléoduc vers la côte de la Colombie-Britannique afin de transporter le pétrole de l’Alberta.

«On a un premier ministre qui a signé (l’accord de Paris sur le climat), qui a dit: «Nous sommes de retour», et nous l’avons tous louangé (...), puis il approuve des oléoducs! Qu’est-ce que c’est que ça?», selon les propos rapportés par «La Presse».

La vérité, selon le docteur Suzuki, est que «nous ne sommes pas sérieusement engagés à respecter l’accord de Paris» et que les libéraux ont trompé les Canadiens sur leurs véritables intentions en matière d’environnement.

Suivre l’exemple de Nicolas Hulot

L’environnementaliste a estimé que la ministre McKenna devrait suivre l’exemple de Nicolas Hulot, qui a démissionné le mois dernier en tant que ministre de la Transition écologique en France.

Par ailleurs, le chef de l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis, Andrew Wheeler, était à Halifax pour le discours d’ouverture de Catherine McKenna, mais il ne figurait pas parmi les orateurs d’ouverture et les médias n’étaient pas admis aux autres allocutions de la réunion du matin.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a été critiqué pour la décision de son administration de se retirer de l’accord historique de Paris sur le climat.

Nicholas Stern, président du Grantham Institute on Climate Change, a suggéré lors des remarques d’ouverture que les pays qui ignorent le changement climatique risquent de prendre du retard sur les pays qui investissent dans les énergies et les infrastructures vertes. L’économiste britannique a déclaré aux délégués qu’il y a des milliards de dollars de débouchés économiques dans des domaines tels que les énergies renouvelables et les bâtiments à faible consommation d’énergie.

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, le Canadien Mark Carney, s’est adressé aux participants par vidéoconférence. Il a affirmé que le monde des affaires s’apprêtait à être plus transparent concernant sa vulnérabilité aux changements climatiques.

Des délégués de la Jamaïque, de Nauru, de la Norvège, des Seychelles, du Vietnam, des îles Marshall et du Kenya sont aussi sur place, en plus de représentants de certaines grandes entreprises comme Walmart, de firmes d’assurances et de groupes environnementaux.