Randy Hillier soutient que son « yada yada yada » ne s’adressait pas aux parents dans la tribune, mais à l’opposition néo-démocrate.

Ford suspend le député Hillier

TORONTO — Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a suspendu mercredi un député qui aurait manqué de respect envers les parents d’enfants autistes.

Des dizaines de parents étaient venus à l’Assemblée législative mercredi pour exprimer leurs préoccupations au sujet d’un nouveau programme pour les Ontariens qui ont un trouble du spectre de l’autisme. Ces parents estiment que le financement prévu par le programme ne permettra pas à leur enfant de recevoir le traitement requis.

Certains des parents qui avaient pris place dans la tribune de l’Assemblée législative ont soutenu que le député progressiste-conservateur de Lanark-Frontenac-Kingston Randy Hillier leur avait lancé pendant la période de questions « yada yada yada » — une formule en anglais qui tend à banaliser des propos ou à abréger un récit des événements.

M. Hillier soutient que son « yada yada yada » ne s’adressait pas aux parents dans la tribune, mais à l’opposition néo-démocrate.

M. Ford a néanmoins annoncé qu’il suspendait M. Hillier du caucus conservateur pour une durée indéterminée. Le premier ministre n’a pas précisé les commentaires de M. Hillier, mais il a indiqué que le député avait manqué de respect envers les parents d’enfants autistes et qu’il avait dépassé les limites de ce qui est acceptable.

Le député Hillier, de son côté, s’est dit désolé que ses commentaires, destinés aux néo-démocrates, aient pu choquer les familles. « Je m’excuse auprès des parents présents qui ont pu croire que mes commentaires leur étaient destinés », a-t-il déclaré. « Ils ne l’étaient pas et ne le seraient jamais. »

La ministre des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires, Lisa MacLeod, a annoncé ce mois-ci des modifications dans le financement en matière d’autisme : les familles toucheront jusqu’à 20 000 $ par an pour les enfants de moins de six ans et 5000 $ par an pour ceux de six à 18 ans, jusqu’à un maximum à vie de 140 000 $.

Mais une thérapie intensive peut coûter jusqu’à 80 000 $ par an et les parents demandent que le financement soit basé sur les besoins individuels des enfants, et non simplement sur leur âge.

La ministre MacLeod a indiqué qu’elle souhaitait ainsi résorber un arriéré de 23 000 enfants en attente de traitement ; elle trouve injuste que seuls 8400 enfants environ bénéficient actuellement d’un traitement financé par l’État.

Les parents mécontents de cette réforme organisent une manifestation à l’Assemblée législative le 7 mars.