Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford

Ford menace de boycotter la réunion des premiers ministres

MONTRÉAL — Le premier ministre de l’Ontario est prêt à se retirer de la réunion des premiers ministres à Montréal si elle ne prévoit pas de discussion précise concernant la taxe sur le carbone.

La rencontre fédérale-provinciale des premiers ministres doit avoir lieu vendredi dans la métropole. Le cabinet de M. Ford a indiqué que des discussions étaient en cours avec des responsables fédéraux sur l’ordre du jour de la rencontre. L’objectif officiel de la rencontre est la réduction des obstacles au commerce interprovincial.

Selon des sources bien informées, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, n’est pas satisfait de la réponse du gouvernement fédéral, qui a affirmé que l’ordre du jour comprenait déjà une discussion sur la compétitivité - un sujet assez vaste pour que les premiers ministres puissent soulever toutes les questions qui les préoccupent, selon Ottawa.

En point de presse à Montréal avant la rencontre avec M. Ford, le premier ministre Trudeau a refusé de préciser si Ottawa accepterait des changements à l’ordre du jour. «Les gens s’attendent à ce que leurs gouvernements travaillent ensemble, même s’ils ne sont pas toujours d’accord sur tous les enjeux», a-t-il répété.

Le leader parlementaire du gouvernement ontarien, Todd Smith, a estimé que l’ordre du jour ne traitait pas des préoccupations des provinces, notamment la taxe sur le carbone, la fermeture prévue d’une usine de General Motors en Ontario et la crise du prix du pétrole.

Le premier ministre Trudeau devrait faire l’objet de critiques de la part des premiers ministres au sujet de l’approche fédérale en matière d’oléoducs, de taxes sur le carbone, de prix du pétrole, d’évaluations environnementales et de la fermeture prévue de l’usine de General Motors. Des responsables fédéraux ont admis en privé qu’ils ne s’attendaient pas à de grands progrès sur la réduction des obstacles au commerce interprovincial.

Legault et l’électricité

La première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, a prévenu qu’elle aurait des alliés autour de la table pour faire avancer les discussions sur la crise du prix du pétrole.

«Toutes les provinces doivent en quelque sorte à l’Alberta un peu de leurs écoles, de leurs hôpitaux, de leurs routes», a soutenu Mme Notley à Edmonton, jeudi, avant de partir pour Montréal. «Le fait est que l’Alberta doit faire bien pour que le Canada réussisse.»

La première ministre a souligné que les prévisions concernant la croissance économique du Canada sont déjà plus modérées en raison du faible prix qu’obtient l’Alberta pour son pétrole aux États-Unis, et de son incapacité à transporter ses produits vers des ports afin de les exporter.

Mme Notley a également prévenu qu’elle ne voulait pas passer beaucoup de temps à écouter le gouvernement fédéral rappeler ce qu’il a déjà fait pour tenter de répondre aux préoccupations de l’Alberta. «Nous n’avons pas besoin des ministres fédéraux pour nous expliquer tout ça: nous sommes tous capables de lire leurs communiqués de presse.» Mme Notley affirme que les premiers ministres doivent discuter de moyens concrets pour préserver les emplois et maintenir la prospérité économique.

Interrogé en anglais à Québec sur le transport interprovincial d’hydrocarbures, le premier ministre François Legault a répondu qu’il n’y avait pas d’acceptabilité sociale. «Nous avons des surplus d’électricité, alors je vais tenter de leur vendre l’hydroélectricité», a-t-il dit en prévision de la rencontre de vendredi.