La chef du NPD, Andrea Horwath, est la cible des attaques de ses adversaires, Doug Ford et Kathleen Wynne.

Ford et Wynne s'en prennent à Horwath

TORONTO — À en croire Doug Ford et Kathleen Wynne, un gouvernement néo-démocrate en Ontario provoquerait des grèves sans arrêt, nuirait à l’emploi et augmenterait de façon astronomique les impôts.

Le chef du Parti progressiste-conservateur et la première ministre sortante libérale ont sonné l’alarme, mercredi, sur les possibles conséquences d’une victoire des néo-démocrates qui, selon de récents sondages, caracolent en première place aux côtés des conservateurs à deux semaines de l’élection provinciale.

L’éventualité d’un gouvernement néo-démocrate est «effrayante», estime M. Ford, puisque d’après lui, le parti sacrifiera des terres agricoles pour y installer des éoliennes malgré l’opposition des communautés rurales.

Il a aussi évoqué le passage au pouvoir de l’ancien premier ministre néo-démocrate Bob Rae, laissant entendre que la province connaîtrait une hausse de chômage et d’impôts. Par ailleurs, selon lui, si le Nouveau Parti démocratique (NPD) et sa chef, Andrea Horwath, étaient élus le 7 juin, cela entraînerait un exode des entreprises.

M. Ford a affirmé que le NPD n’aurait plus la voie libre dans la présente campagne électorale.

Wynne attaque

Mme Wynne, qui a souvent qualifié le programme néo-démocrate d’irréaliste au cours des derniers jours, a pour sa part rappelé que le parti s’était opposé à une loi spéciale pour mettre fin à une grève.

Lors d’un arrêt à Toronto, Kathleen Wynne a dit croire au processus de négociation, mais selon elle, le gouvernement a besoin d’un outil quand il est dans une impasse.

«Alors, elle dit qu’elle supprimerait cet outil», a déploré Mme Wynne.

«Il s’agit là d’une indication que leur plan n’est pas réalisable et les gens doivent prendre cela en considération.»

Mme Horwath a confié au Toronto Star qu’elle ne pouvait pas imaginer un scénario dans lequel elle utiliserait une loi spéciale, comme le gouvernement libéral l’a fait l’an dernier pour mettre fin à une grève du personnel dans les collèges, qui avait duré cinq semaines.

Les libéraux avaient présenté un projet de loi spécial juste avant la campagne électorale pour mettre fin à la grève des employés contractuels de l’Université York, mais le NPD ne l’avait pas appuyé.

La chef néo-démocrate a affirmé mercredi qu’il est possible d’éviter de telles mesures exceptionnelles en investissant de façon adéquate dans le système, ajoutant que la chef libérale ne devrait pas lui donner des leçons sur les conflits de travail.

«(Les libéraux) ont imposé une loi aux travailleurs de l’éducation dans notre province qui est contestée devant la Cour suprême parce qu’ils ont piétiné les droits constitutionnels des gens», a-t-elle martelé.

«Kathleen Wynne peut se plaindre tant qu’elle veut du fait que je prône une relation respectueuse et positive avec les travailleurs. Les libéraux ont un très, très mauvais bilan.»

Elle a aussi rejeté les attaques de ses adversaires lors d’un discours au collège Seneca, à Toronto.

«Après 25 ans de libéraux et de conservateurs, les gens perdent espoir et c’est pourquoi notre plateforme en est une qui dit aux gens que ça ne devrait pas être comme ça. On doit avoir de l’espoir pour l’avenir», a-t-elle plaidé.

Mme Horwath a aussi souligné que son parti était le seul à avoir réellement présenté une plateforme électorale.

Les libéraux, qui ont pour l’essentiel répété les promesses énoncées dans leur budget du printemps, ont diffusé une nouvelle publicité qui était centrée sur Mme Wynne plutôt que sur ses adversaires.

«Je peux faire mieux. Un gouvernement ne sert pas à gagner du pouvoir, il sert à utiliser le pouvoir reçu pour aider», dit la première ministre sortante à la fin de la vidéo.