L’ex-chef intérimaire du Parti libéral de l’Ontario, John Fraser
L’ex-chef intérimaire du Parti libéral de l’Ontario, John Fraser

Ford a baissé les attentes pour ensuite les dépasser, juge Fraser

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
« Nous avons le meilleur plan au Canada pour le retour en classes », s’est récemment vanté le premier ministre ontarien Doug Ford. Mais il est facile de dépasser les attentes de la population quand on les a soi-même placées si bas, juge l’ex-chef intérimaire du Parti libéral de l’Ontario, John Fraser.

En entrevue avec Le Droit, le député d’Ottawa-Sud a rappelé que seulement quelques semaines avant la crise de la COVID-19, des milliers de parents, d’enseignants et d’élèves manifestaient toujours dans les rues pour demander au gouvernement Ford de ne pas augmenter la taille des classes et d’offrir de meilleures conditions au personnel scolaire.

« En ce moment, ma plus grande priorité, c’est le retour sécuritaire en classes pour les élèves, soutient M. Fraser. Nous avons besoin de classes plus petites. Je ne crois pas que le gouvernement investit assez de ressources, de temps et d’efforts pour assurer que nos jeunes retournent à l’école en sécurité. »

Pourtant, l’éducation est un pilier important pour l’économie de la province, relativise le député.

« C’est aussi le gouvernement Ford qui a fait des coupes en santé publique au début de son mandat, des coupes qui ont été justifiées par son gouvernement par un déficit budgétaire qu’il a lui-même gonflé. »

Lors de son arrivée au pouvoir, le gouvernement Ford prétendait avoir hérité d’un déficit budgétaire de 15 milliards $ de la part des Libéraux.

C’est souvent ce nombre qui a été cité pour expliquer des coupes dans les services publics, notamment en santé et en francophonie.

Toutefois, ce déficit pour 2018-2019 avait finalement été revu à la baisse, soit à 7,5 milliards $, la moitié de ce qui avait été affirmé.


« Je pense que c’était un changement de ce à quoi s’étaient habitués les Ontariens depuis deux ans, soit un premier ministre qui était toujours prêt à se chicaner avec tout le monde. »
John Fraser

M. Fraser est d’avis que les actions prises par le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford avant l’arrivée du coronavirus « ont fait en sorte que les actions qu’il a prises durant la crise de COVID-19 l’ont fait bien mieux paraître ».

Il juge que le changement de comportement de M. Ford, remarqué au cours de la pandémie, était important.

« L’occasion exigeait que l’on travaille tous ensemble et il était nécessaire pour le premier ministre de diriger la population vers la bonne direction. Je pense que c’était un changement de ce à quoi s’étaient habitués les Ontariens depuis deux ans, soit un premier ministre qui était toujours prêt à se chicaner avec tout le monde. »

Par ailleurs, même s’il est d’accord que le gouvernement ontarien a bien agi quant aux hôpitaux de la province,

M. Fraser ne comprend toujours pas pourquoi il a attendu si longtemps avant de demander que les employés de foyers de soins de longue durée ne travaillent que dans un seul établissement à la fois. Rappelons que le 8 avril, le gouvernement ontarien a imposé une limitation du nombre de lieux de travail du personnel en foyers de soins de longue durée. Souvent, ces employés sont forcés de travailler dans plusieurs établissements en raison d’horaires irréguliers et à temps partiel.

« Ce délai a placé de nombreux foyers dans une très mauvaise position. La décision aurait dû être prise bien plus tôt. »