Vincent Marissal avait d’abord nié avoir flirté avec le Parti libéral du Canada, pour finalement admettre qu’il avait bel et bien approché l’entourage de Justin Trudeau.

Flirt avec le Parti libéral: Marissal fait son mea culpa

​​​​Le candidat à l’investiture de Québec solidaire dans la circonscription montréalaise de Rosemont, Vincent Marissal, fait son mea culpa. Il avoue avoir menti sur son flirt avec le Parti libéral du Canada (PLC) lorsqu’il a annoncé sa candidature.

«J’ai manqué de clarté, j’ai certainement manqué de clarté. Sur le coup j’ai très mal réagi, je n’ai pas employé les bons mots, j’aurais dû être beaucoup plus transparent là-dessus», a réagi Vincent Marissal mercredi, en marge du rassemblement partisan organisé par Québec solidaire à Québec. 

«Sur le coup, oui, je n’ai pas dit la vérité, et ne pas dire la vérité, c’est mentir. J’en fais mon mea culpa», a poursuivi M. Marissal. C’est la «surprise» et la «rapidité des attaques» qui l’auraient poussé à voiler ainsi la vérité, selon son analyse. 

L’ancien chroniqueur à La Presse avait affirmé, au moment d’annoncer sa candidature, qu’il n’avait pas approché les libéraux de Justin Trudeau pour se présenter sous la bannière du PLC. Vincent Marissal avait d’abord ni avoir flirté avec le Parti libéral du Canada, pour finalement admettre qu’il avait bel et bien approché l’entourage du premier ministre. 

«Je demande maintenant qu’on passe à autre chose», a laissé tomber M. Marissal. «Ça fait presque deux semaines que je suis en politique et je n’ai pas encore débattu d’un enjeu de fond», a-t-il souligné. 

Pour le co-porte-parole du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, les discussions entre Vincent Marissal et le Parti libéral du Canada ne changent rien à ses convictions. 

«J’ai été convaincu par sa décision, pas par le processus. L’important, c’est où il est aujourd’hui. Si Vincent avait voulu prendre la voie facile vers le pouvoir, il ne serait pas venu à Québec solidaire. Ça m’informe assez sur la solidité de ses convictions», a plaidé M. Nadeau-Dubois avant le rassemblement.

«Je suis très fier d’être dans un parti politique où on ne rallie pas seulement des indépendantistes purs et durs, mais aussi des gens qui se posent des questions et qui doutent», a-t-il poursuivi. 

Interrogé s’il y avait de la place à Québec solidaire pour un ancien député libéral fédéral qui souhaiterait porter les couleurs du parti à l’Assemblée nationale, le co-porte-parole a dit souhaiter que la démarche vers l’indépendance proposée par son parti rassemble le plus grand nombre possible. 

S’il a répondu du tac au tac au fait qu’il serait impossible pour lui de flirter avec les libéraux fédéraux, le candidat solidaire dans Jean-Lesage et ancien chef d’Option nationale, Sol Zanetti, a soutenu que s’il fallait juger Vincent Marissal en fonction de ses hésitations, «il faudrait qu’on condamne plus de la moitié du mouvement souverainiste» au Québec.

Accueil chaleureux

Les 800 militants rassemblés à l’Impérial de Québec, mercredi soir, ont réservé un accueil chaleureux à «quelqu’un dans les derniers jours qui a fait face à des attaques incessantes de la part de ses adversaires». Vincent Marissal a été applaudi chaudement lors du discours de Gabriel Nadeau-Dubois, qui lui a souhaité la bienvenue dans les rangs du parti. 

«C’est toute une démonstration de force qu’on fait ce soir», a lancé le co-porte-parole en début d’allocution. Les solidaires espèrent faire des gains dans la région de Québec lors des élections, notamment dans les circonscriptions de Jean-Lesage et de Taschereau. 

Dans son discours, le député de Gouin n’a pas épargné le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, qu’il accuse d’être le «poulain d’une vieille gang». «S’il donne l’impression d’avoir parfois de nouvelles idées, c’est parce qu’il change constamment d’idée», a-t-il déclaré, sous les applaudissements nourris de la foule. 

Il s’agissait du premier rassemblement partisan de Québec solidaire dans la région de Québec. La circonscription de Taschereau, au centre-ville, est celle dans la province où le nombre de membres du parti est le plus élevé.