En octobre dernier, Mathieu Fleury a été réélu dans Rideau-Vanier pour un troisième mandat avec 68% des voix.

Fleury possiblement intéressé au poste de député d'Ottawa-Vanier

Le conseiller municipal de Rideau-Vanier Mathieu Fleury confie qu'il ne ferme pas complètement la porte à un saut en politique provinciale, compte tenu, dit-il, «que le gouvernement Ford irrite pas mal les villes».

À peine vingt-quatre heures après l'annonce de la démission prochaine de la députée libérale d'Ottawa-Vanier, Nathalie Des Rosiers, le jeune élu soutient cependant qu'il n'a pas encore eu le temps de réfléchir à la question «à tête reposée». 

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La députée Nathalie Des Rosiers va démissionner

«La porte n'est pas fermée, je ne dis pas non. Mais pour être honnête, je n'y ai pas encore pensé. Je n'aurai pas de décision à prendre avant l'automne. [...] Mais tant qu'à affronter le gouvernement par l'entremise des médias, je pourrais aussi l'affronter à Queen's Park. Je pourrais avoir un rôle à jouer là», a-t-il lancé lors d'un entretien avec Le Droit.

Le conseiller de 33 ans, que certains voyaient comme un successeur au député fédéral d'Ottawa-Vanier Mauril Bélanger lorsque ce dernier est décédé en 2016, avait à l'époque décidé de passer son tour avant que ne s'entame la course à l'investiture libérale. Il affirmait qu'il aimait son travail dans la sphère municipale.

Deux ans et demi plus tard, l'inattendu retrait de la vie politique de Mme Des Rosiers au niveau provincial survient alors que les circonstances ont changé.

«J’aime ce que je fais, mais M. Ford a irrité les francophones dès le début et commence a éroder plusieurs services, par exemple en santé, en éducation, pour les services de garde, en logement, etc. Ce qui me tracasse cette fois-ci, c'est qu'on a un gouvernement provincial qui n'aide pas la ville, la région, et ça commence à avoir un impact réel. Dans ce contexte, ça m'intéresse d'aller me battre, mais d'autres personnes pourraient très bien remplir ces fonctions-là aussi. En temps et lieu, je prendrai une décision», ajoute M. Fleury.

Il rappelle qu'un tel choix nécessite des discussions familiales, lui qui est papa d'un petit garçon d'un an et demi.

Pour l'heure, il précise qu'il «perdra une collègue» et avoue avoir cru à une erreur lorsqu'il a aperçu la nouvelle de la démission prochaine de Mme Des Rosiers, jeudi, alors qu'il était justement à ses côtés.

«Elle a fait sa marque au niveau légal, elle savait à quelles portes il fallait cogner. Son historique avec l'Université d'Ottawa nous a beaucoup aidé pour les besoins communautaires. On sentait une grande ouverture de sa part pour les familles, les immigrants, le logement, etc», soutient-il. 

En octobre dernier, M. Fleury a été réélu pour un troisième mandat avec 68% des voix.

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Nathalie Des Rosiers et Marie-France Lalonde

L'AFO DÉÇUE DE PERDRE DEUX VOIX FRANCOPHONES

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) se désole de la démission éventuelle des deux députées libérales francophones Nathalie Des Rosiers et Marie-France Lalonde.

« Nous sommes déçus et tristes de les voir partir, c’est officiel. En plus, ce sont deux francophones de notre région, de l’est de la province. On a besoin d’élus francophones comme voix, pour nous représenter. Ils peuvent parler de nous, pousser nos dossiers et sensibiliser les gens aux communautés francophones, qui ont ses défis et ses droits. En ce sens, c’est une grande perte », de dire le président de l’organisme, Carol Jolin. 

Alors que le mouvement de résistance contre les coupures dans les services en français par les troupes progessistes-conservatrices bat son plein depuis six mois, l’AFO soutient que ces deux politiciennes ont sans aucun doute contribué à faire avancer la cause des Franco-Ontariens, et ce, autant sur les banquettes de l’opposition que du gouvernement.

« À la fois comme ministre et critique, Mme Lalonde a fait bouger beaucoup de dossiers. De l’autre côté, on a toujours eu des conversations très instructives sur le plan du droit avec Mme Des Rosiers. On perd deux voix fortes », ajoute-t-il. 

S’il affirme que le choix de Mme Lalonde l’a moins surpris étant donné que cette dernière avait déjà démontré un intérêt envers le palier fédéral, M. Jolin avoue cependant que le départ de la députée d’Ottawa-Vanier est inattendu. « Je suis un peu surpris, mais c’est une décision qui lui appartient. Une belle occasion s’offre à elle, c’est un collège privé très réputé », lance-t-il. 

L’AFO espère maintenant que les députés qui leur succéderont seront francophones.

« On souhaite que les personnes qui feront partie de la course, peu importe le parti, soient des francophones. Les francophones doivent lever leur main », précise M. Jolin. 

Les députées Des Rosiers (Ottawa-Vanier) et Lalonde (Orléans) ont été respectivement élues pour la première fois en 2016 et en 2014. 

Malgré la déconfiture de leur parti lors du dernier scrutin provincial, en juin, elles ont toutes les deux réussi à être réélues, obtenant 43 et 39 % des suffrages. 

Rappelons que la première a annoncé jeudi qu’elle démissionnerait à l’été après avoir été nommée directrice du Collège Massey, affilié à l’Université de Toronto, tandis que la seconde a confirmé plus tôt cette semaine qu’elle se lancera dans la course à l’investiture pour représenter le Parti libéral du Canada dans Orléans, l’actuel député fédéral Andrew Leslie ne sollicitant pas un autre mandat aux élections fédérales d’octobre prochain. 

UOF : une solution politique espérée

Par ailleurs, Carol Jolin affirme que des pourparlers sont toujours en cours avec le gouvernement provincial concernant le dossier de l’Université de l’Ontario français (UOF). La présidente du conseil de gouvernance de l’Université de l’Ontario français (UOF), Dyane Adam, discute sur une base régulière avec les bureaux des ministres Mulroney et Fullerton. 

« Ce qu’on a véhiculé hier [jeudi], c’est que jusqu’aux vacances estivales, on va voir comment le dossier évolue en espérant qu’une solution sera trouvée. Mais si rien ne débouche, on aura des décisions importantes à prendre à la réunion du conseil d’administration en juin. On verra ce qu’est le plan de match. Va-t-on se tourner vers le plan légal ? Nos avocats sont prêts, même si on pense qu’une solution politique serait préférable », explique-t-il.