Le taux de satisfaction du premier ministre Doug Ford est à son plus bas niveau depuis son élection, il y a un an.

Fin de la lune de miel pour Doug Ford

Les intentions de vote pour les progressistes-conservateurs dégringolent encore et le taux d’insatisfaction envers le premier ministre ontarien Doug Ford n’a jamais été aussi élevé, révèle un nouveau sondage Recherche Mainstreet réalisé à quelques jours du premier anniversaire du retour au pouvoir du parti.

Alors que leurs appuis avoisinaient les 40 % au début janvier avant de reculer à 34 % au début du printemps, les troupes de Doug Ford continuent de perdre des plumes. Les intentions de vote pour le Parti progressiste-conservateur se chiffrent désormais à 22,4 %, une baisse vertigineuse de dix points de pourcentage. La formation politique glisse ainsi au troisième rang dans les appuis, non loin derrière le Nouveau Parti démocratique (NPD), qui obtient la faveur de 24,2 % des électeurs interrogés, une légère diminution de 2,4 points.

C’est au Parti libéral de l’Ontario (PLO), qui n’a toujours pas élu un nouveau chef, que revient la position de tête dans le sondage alors que 39,9 % des intentions de vote lui sont créditées, une augmentation de près de 14 points en l’espace de deux mois. La formation politique trône désormais au premier rang dans les appuis partout sur le territoire de la province, sauf dans le secteur sud-centre, où le NPD détient une mince avance, tandis que les progressistes-conservateurs sont au troisième échelon à plusieurs endroits, dont l’Est de l’Ontario et à Toronto.

Le Parti vert ferme la marche en recueillant 12 % des appuis (+3).

Contestation

« Disons que le gouvernement n’obtient pas une bonne note, c’est une chute marquée des progressistes-conservateurs. On voit que la baisse est partout en province, et ce, dans toutes les catégories d’âge. On voit aussi que Doug Ford traîne son propre parti vers le bas, car 73 % des gens ont une opinion défavorable de lui, c’est excessivement important. Ça grimpe à près de 80 % chez les femmes. [...] Il s’agit probablement des conséquences des décisions liées au budget, qui peuvent susciter la grogne au sein de la population. Ceci étant dit, une baisse aussi majeure en peu de temps, c’est quand même rare. Ça ne peut pas être plus clair, la lune de miel avec ce gouvernement-là est terminée », analyse le président de Mainstreet pour le Québec, Luc Fortin.

Ce dernier estime toutefois que malgré ces chiffres qui peuvent paraître encourageants, les troupes libérales « doivent avoir le triomphe modeste à la lecture du sondage ». À son avis, c’est avant tout en raison d’une « contestation contre le gouvernement de M. Ford » que le parti voit ses appuis remonter à ce point, lui qui a subi la pire défaite de son histoire en juin 2018.

« Ce sont des résultats qui peuvent paraître étonnants, car les libéraux n’ont pas de chef, viennent de perdre deux députés et surtout, les Ontariens ne sont pas familiers avec le chef intérimaire (le député d’Ottawa-Sud John Fraser). Au total, 51 % des gens ont cette opinion. Il faut être prudent avec cette hausse, elle peut être éphémère. [...] Ce que l’on peut en déduire, c’est qu’il s’agit vraiment d’un vote de contestation envers le gouvernement. La marque libérale demeure quand même forte en Ontario. Comme les gens sont insatisfaits, l’alternative pour les gens est d’appuyer les libéraux. Mais la prochaine élection demeure très loin » note M. Fortin.

Selon Recherche Mainstreet, à titre de comparaison, la cote de popularité de Doug Ford est désormais inférieure à celle de l’ex-première ministre Kathleen Wynne à la fin de son mandat.

La chef de parti obtenant le plus haut taux de satisfaction auprès des électeurs sondés est Andrea Horwath (NPD), qui récolte 50 % d’opinions favorables.

Alors que seuls Steven Del Duca et Michael Coteau se sont pour l’instant lancés dans la course au leadership du PLO, les gens sondés affirment que c’est l’actuel maire de Toronto, John Tory, qu’ils verraient comme chef. Ce dernier fait l’objet de rumeurs à ce sujet depuis plusieurs semaines.

Les électeurs libéraux préfèrent M. Tory dans une proportion de 65 %, alors que les appuis à MM. Del Duca et Coteau s’élèvent à 3 % et 5 %. Les ex-ministres Mitzie Hunter et Sandra Pupatello récoltent 11 % et 5 %. De plus, si des élections avaient lieu aujourd’hui, c’est avec M. Tory comme chef que les libéraux obtiendraient leur meilleur résultat (39 %), selon le coup de sonde.

« Clairement, ça pourrait être un bon choix pour le PLO (M. Tory), c’est leur meilleur pari. C’est une bonne nouvelle pour lui s’il caresse cette ambition. Mais il y a encore 54 % d’indécis », de dire Luc Fortin.

Contactés par Le Droit, ni les progressistes-conservateurs ni les néo-démocrates n’ont commenté les résultats du sondage. De son côté, le chef intérimaire du PLO, John Fraser, demeure prudent en rappelant que « le vrai sondage, c’est le jour du scrutin ».

« Notre parti travaille fort pour regagner la confiance des électeurs. Nous continuerons à lutter pour les choses importantes pour les familles, comme l’éducation, la santé et le transport en commun. Les gens envoient un message à M. Ford, ils lui disent que ce n’est pas correct ce qu’il fait, avec toutes les coupures. Ses priorités ne sont pas claires, c’est par exemple la réglementation avec l’alcool », affirme-t-il.

Le sondage Mainstreet a été réalisé les 21 et 22 mai auprès de 996 personnes en Ontario. Sa marge d’erreur est de +- 3,1 %, 19 fois sur 20.