La pandémie de COVID-19 a forcé les partis à trouver de nouveaux moyens pour faire passer leur message, durant la campagne électorale au Nouveau-Brunswick.
La pandémie de COVID-19 a forcé les partis à trouver de nouveaux moyens pour faire passer leur message, durant la campagne électorale au Nouveau-Brunswick.

Fin de la campagne électorale au Nouveau-Brunswick dans un contexte de pandémie

Kevin Bissett
La Presse Canadienne
FREDERICTON - Les électeurs du Nouveau-Brunswick sont conviés aux urnes lundi pour la première élection provinciale au pays depuis la pandémie de COVID-19. Les leçons qui en seront tirées risquent d’influencer les prochaines campagnes électorales.

«La campagne a été très différente. On n’a pas vu des candidats prendre des bébés, d’accolades, de barbecues et de rassemblements ou de ballons», a souligné le politologue Donald Wright de l’Université du Nouveau-Brunswick.

«Il s’agissait d’une campagne avec peu d’éclat, où l’on avait recours aux pancartes, aux pamphlets et réseaux sociaux», a-t-il analysé.

Les restrictions de la santé publique ont empêché la tenue de grands rassemblements et incité des candidats à abandonner le traditionnel porte-à-porte.


« La campagne a été très différente. On n’a pas vu des candidats prendre des bébés, d’accolades, de barbecues et de rassemblements ou de ballons »
Le politologue Donald Wright de l’Université du Nouveau-Brunswick

Le premier ministre sortant et chef du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a déclenché les élections en août, après avoir échoué dans sa tentative d’obtenir l’engagement des partis d’opposition à ne pas faire tomber son gouvernement minoritaire avant septembre 2022 ou 30 jours après que les autorités de santé publique déclarent la fin de la pandémie de COVID-19.

La brève campagne électorale qui a suivi a forcé les partis à trouver de nouveaux moyens pour faire passer leur message dans un contexte où il faut respecter une distance physique avec autrui.

C’est pourquoi, selon M. Wright, les partis ont concentré leurs efforts sur les réseaux sociaux où s’est déroulée une grande partie de la campagne électorale de la province.

Pour sa part, Blaine Higgs a soutenu qu’on ne peut mettre la province sur pause à cause du nouveau coronavirus.

«Nous devons continuer à avancer», a-t-il affirmé en entrevue.

«Les réseaux sociaux sont devenus plus importants», a reconnu M. Higgs.

«Lorsque je vais à des évènements, il n’y a pas de grandes foules comme dans le passé. On doit s’assurer aussi de respecter les consignes de la santé publique.»

M. Higgs a affirmé que le nouveau coronavirus a forcé les partis politiques à faire les choses autrement. Les candidats se sont notamment tournés vers le téléphone pour appeler les électeurs dans l’espoir d’obtenir leur appui.

De son côté, le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, qui n’en est pas à sa première campagne électorale, a affirmé que même les activités les plus simples étaient affectées par les préoccupations liées à la COVID-19.

Cela inclut une activité aussi banale que porter une affiche au coin de la rue et saluer les automobilistes au passage.

«Un des organisateurs nous a dit qu’il fallait ensuite désinfecter les affiches avant qu’elles soient remises au prochain groupe de bénévoles» a illustré, M. Coon.

Discussions spontanées plus compliquées

Les discussions spontanées entre les candidats et le public sont aussi devenues plus compliquées.

«Tu veux parler aux gens, mais tu portes un masque et ils portent un masque. Vous êtes loin l’un de l’autre, disons que cela n’entraîne pas des discussions aussi naturelles et agréables», a affirmé M. Coon.

Le chef par intérim du NPD du Nouveau-Brunswick, Mackenzie Thomason, fait campagne pour la troisième fois. Si les néo-démocrates ont eu recours aux réseaux sociaux pour faire passer leur message, l’homme de 23 ans a ressenti le besoin d’aller à la rencontre des électeurs en faisant du porte-à-porte.

«Je porte un masque et des gants. J’ai aussi un bâton d’un mètre que je déploie à bout de bras pour m’aider à garder la distance appropriée, a-t-il affirmé en ricanant, lançant à la blague qu’il a du vider huit millions de bouteilles de désinfectant.

M. Thomason a dit que la majorité des gens voulaient lui parler, mais il a reconnu que certaines personnes refusaient d’aller à la porte pour discuter dans le contexte de la pandémie.

Le chef libéral Kevin Vickers a, pour sa part, dit que cela a été difficile de faire passer son message aux électeurs.

«Il y avait les affiches. Nous avons eu recours aux réseaux sociaux et nous sommes allés à la rencontre du public lorsque cela était possible, mais il n’y a aucun doute que cette campagne a présenté de nombreux défis», a reconnu M. Vickers.

Kim Poffenroth, la directrice générale des élections, a affirmé vendredi que la campagne électorale provinciale s’était bien déroulée à son avis.

Quelque 133 000 personnes ont voté par anticipation, ce qui représente 45 000 électeurs de plus qu’au scrutin général de 2018.