Malgré les nombreuses campagnes publicitaires payées par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), le nombre d’accidents travail est en augmentation au Québec. Il s’établit aujourd’hui à une moyenne de 251 accidents du travail par jour.

Fermes et chantiers de construction: Boulet exigera plus de prévention

Les employés agricoles et de la construction doivent travailler dans des milieux plus sécuritaires, plaide le ministre du Travail Jean Boulet. Il se prépare à exiger davantage de mesures de prévention pour ces deux secteurs dans un projet de loi qui sera déposé en décembre.

En entrevue au Soleil, le ministre Boulet confie avoir été «ébranlé» par trois accidents de travail mortels survenus au cours des derniers jours. 

Vendredi, une employée en communication du ministère de l’Agriculture a perdu la vie lors d’un tournage sur une ferme produisant des canneberges à Shawinigan. Samedi soir, un employé de l’entreprise Margarine Thibault a été électrocuté à Trois-Rivières, alors que dimanche, un jeune homme de 19 ans de Sherbrooke est mort coincé dans l’engrenage d’un tracteur sur une ferme de Val-Joli.

«Cette conjoncture-là me démontre l’importance de notre réforme en santé et sécurité», lance M. Boulet. Depuis son élection il y a un an, le ministre travaille à dépoussiérer les lois sur les accidents de travail et les maladies professionnelles, qui n’ont pas été réformées en profondeur depuis plus de 30 ans. 

Par exemple, des articles de la Loi sur la santé et la sécurité du travail qui concernent le milieu de la construction ne sont jamais entrés en vigueur. Tout comme les fermes, les chantiers de construction ne sont pas tenus à l’heure actuelle d’appliquer un programme de prévention des accidents. Pourtant, 31 % des 226 décès enregistrés à la suite d’un accident de travail en 2018 se sont déroulés dans le domaine de la construction. «Je trouve particulier qu’il n’y ait pas d’exigences pour ces milieux-là», dit le ministre. 

Réécrire la loi

En 1979, lorsque cette loi a été écrite, le gouvernement avait ciblé des milieux prioritaires, comme la pétrochimie, les mines et les forêts. Aujourd’hui, M. Boulet veut réécrire la loi afin de s’assurer qu’elle soit équitable pour toutes les entreprises, et que les exigences varient en fonction du «niveau de risque» auquel sont confrontés les employés. «Il ne faut pas que ce soit cristallisé dans le temps. Il va falloir tenir compte de l’évolution des risques dans tous les secteurs, parce que le marché du travail change constamment», commente-t-il. 

Prévu pour l’automne, le projet de loi de M. Boulet sera déposé en décembre, avant la fin de la session parlementaire. Il s’y est engagé par une motion la semaine dernière, après que la FTQ, la plus grande centrale syndicale du Québec, ait fait une sortie publique sur l’urgence de cette réforme. «On suit les échéanciers qu’on s’était fixés. Ça avance bien», indique le ministre. 

La rareté actuelle de la main-d’œuvre devrait encourager les entreprises à prendre soin de leurs employés, croit M. Boulet. «Les études démontrent que chaque dollar investi en prévention rapporte jusqu’à 5 $ à une entreprise. Parce que les employés sont plus motivés, que son taux de roulement est plus bas, qu’il y a moins de perte de temps, entre autres.»

Malgré les nombreuses campagnes publicitaires payées par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), le nombre d’accidents travail est en augmentation au Québec. Il s’établit aujourd’hui à une moyenne de 251 accidents du travail par jour. Il y a quelques mois, le ministre Boulet avait révélé qu’il souhaitait que sa réforme englobe non seulement les maladies physiques, mais aussi les maladies psychologiques.