Le directeur général des élections du Québec, Pierre Reid, était de passage à Gatineau, mercredi.

Faible participation électorale pour les jeunes de l'Outaouais

Les jeunes adultes de l’Outaouais font piètre figure en matière de participation aux élections provinciales. À peine 46% des 18 à 34 ans de la région se sont présentés aux urnes en 2014, un résultat bien loin du taux de 66% observé à Laval et dans la Capitale-Nationale.

Le directeur général des élections du Québec, Pierre Reid, était de passage à Gatineau, mercredi, pour rencontrer des jeunes afin de connaître leurs préoccupations pour tenter d’établir une stratégie visant à accroître la participation des 18-34 ans aux élections de l’automne prochain.

M. Reid a présenté des statistiques de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l’Université Laval qui révèlent que l’Outaouais se retrouve dans le bas du classement des régions où les jeunes adultes ont le plus voté aux dernières élections générales.

Avec un taux de participation de 46%, l’Outaouais ne dépasse que l’Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec (42%), la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (42%) et la Côte-Nord (41%).

« Ces données me préoccupent énormément », laisse tomber Pierre Reid, qui souligne qu’au prochain scrutin, les 18-34 ans vont, pour la première fois, représenter le tiers de l’électorat du Québec.

Souhaitant évidemment renverser la vapeur, le directeur général des élections mise entre autres sur la publicité visant ceux qui ont le plus fraîchement obtenu leur droit de vote. « On va cibler particulièrement les 18-24 ans dans une publicité qui nous sort de notre zone de confort, dit-il. On va s’adresser aux jeunes dans leur langage, dans leur façon d’être pour qu’ils puissent bien saisir le message et à tout le moins être sensibilisés et réfléchir [...] au processus électoral et à l’importance d’aller voter. »

Dans sa tournée d’établissements d’enseignement et de carrefours jeunesse emploi. M. Reid essaye en parallèle de convaincre chaque jeune adulte d’amener d’autres personnes voter avec eux aux prochaines élections. Il rappelle également que le vote en établissement d’enseignement permet aux étudiants de voter même s’ils demeurent en dehors de la circonscription de leur adresse permanente.

La plateforme À ton tour propose quant à elle diverses informations que les jeunes de 17 ans peuvent aller consulter grâce à un code d’accès qu’ils reçoivent par la poste dans l’année précédant leur majorité.

Pour les plus jeunes - de niveau primaire et secondaire -, un Petit bureau de vote sera aussi installé dans chaque vrai bureau de scrutin. Les enfants pourront ainsi imiter papa et maman, une expérience qui a connu « un vif succès » l’automne dernier lors des élections municipales à Montréal, a fait savoir M. Reid. En se présentant à un Petit bureau de vote, les enfants pourront répondre « à une question basée sur leur réalité ». Les résultats seront compilés et diffusés, après la diffusion des résultats officiels.

Les défis de la zone frontalière

Les nombreux Québécois qui fréquentent un établissement d’enseignement d’Ottawa doivent suivre une procédure plus complexe pour voter s’ils ne sont pas en mesure de le faire dans la circonscription de leur adresse permanente.

Afin de faciliter le vote et d’accroître le taux de participation, le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) met en place des bureaux de vote dans les établissements d’enseignement postsecondaires (cégeps, collèges et universités) comptant au moins 300 étudiants en mesure de voter. En utilisant ce service, les personnes qui étudient loin de leur domicile peuvent ainsi voter pour un candidat de la circonscription de leur adresse permanente sans avoir à s’y rendre.

Alors que beaucoup d’étudiants du Québec fréquentent un établissement d’enseignement d’Ottawa, il n’est évidemment pas possible pour eux de profiter d’une telle procédure lors des élections provinciales.

Pour ceux qui demeurent en Outaouais tout en étudiant à Ottawa, la distance n’est souvent pas un obstacle à la participation au scrutin. Mais pour une personne de l’extérieur dont l’adresse permanente est en dehors de la région et qui réside à Ottawa pour ses études, « il n’est pas possible d’effectuer un vote hors circonscription pour un candidat d’une autre circonscription », indique le DGEQ. Dans un tel cas, une demande de vote hors Québec peut être faite à l’avance.

« Par contre, il est possible pour un électeur qui a son domicile à Montréal, par exemple, mais qui habite temporairement en Outaouais, sur le côté québécois de la rivière des Outaouais, de voter par anticipation au bureau du directeur de scrutin, pour son candidat de Montréal », précise le DGEQ. La Loi électorale prévoit qu’un citoyen qui opte pour cette façon de faire « doit, au moment de voter, fournir une déclaration écrite sous serment attestant qu’à sa connaissance il ne sera pas en mesure d’exercer son droit de vote dans la circonscription de son domicile les jours prévus pour le vote et qu’il n’a pas déjà voté à l’élection en cours ».