Erin O'Toole, le nouveau chef conservateur, a annoncé, par voie de communiqué, qu'un membre de son entourage avec lequel il a voyagé vient de recevoir un résultat positif à un test.
Erin O'Toole, le nouveau chef conservateur, a annoncé, par voie de communiqué, qu'un membre de son entourage avec lequel il a voyagé vient de recevoir un résultat positif à un test.

Erin O'Toole a été en contact avec un employé atteint de la COVID-19

Lina Dib
La Presse Canadienne
Un autre politicien doit, à son tour, se mettre en isolement préventif et passer un test de dépistage de la COVID-19.

Erin O'Toole, le nouveau chef conservateur, a annoncé, par voie de communiqué, qu'un membre de son entourage avec lequel il a voyagé vient de recevoir un résultat positif à un test. M. O'Toole doit donc s'isoler, de manière préventive, et comptait subir un test mercredi. Sa conjointe et ses enfants aussi.

«Ma famille et moi allons bien, mais nous prenons la COVID-19 très au sérieux. Aujourd'hui, c'était la première journée de retour à l'école pour mon fils Jack, mais nous allons plutôt nous faire tester et nous placer en isolement préventif pour se conformer aux directives de la santé publique», peut-on lire dans l'annonce du Parti conservateur qui cite M. O'Toole.

Le communiqué ne précise pas à quand remontent les contacts entre M. O'Toole et cet employé. Impossible de savoir si d'autres élus ont aussi été en présence de cette personne depuis qu'elle a été infectée par le coronavirus.

Lorsqu'il y a contact avec une personne malade, la santé publique exige 14 jours d'isolement, quel que soit le résultat du test. Cette quarantaine correspond à la période d'incubation du coronavirus.

Tout porte donc à croire que M. O'Toole va rater l'ouverture de la nouvelle session parlementaire la semaine prochaine.

«À ce point-ci, on n'a rien à ajouter», s'est contenté de répondre, au téléphone, l'attachée de presse des conservateurs Kelsie Chiasson.

Lundi, le chef conservateur était à Montréal où il a rencontré le premier ministre du Québec, François Legault.

Ce dernier s'est empressé d'envoyer un message qui se veut rassurant sur son fil Twitter.

«M. O'Toole ne présente aucun symptôme. Il s'agit donc d'un contact d'un contact, une exposition à faible risque selon la Santé publique. La Santé publique ne recommande pas l'isolement ou le dépistage, seulement surveiller l'apparition de symptômes. Nous allons continuer de suivre ces recommandations», a écrit M. Legault.

Il y a une semaine, députés et sénateurs conservateurs étaient réunis, en personne, à Ottawa pour préparer leur rentrée parlementaire. Lors de cette réunion de mercredi dernier, ils étaient au moins 83 personnes dans la même grande salle, à ce qu'a pu y constater La Presse Canadienne.

Tous les élus sont convoqués à Ottawa dans une semaine pour la lecture du discours du Trône, le mercredi 23 septembre.

Chez les bloquistes, ils étaient 30 députés et une dizaine d'employés à devoir s'isoler pendant 14 jours depuis une réunion de caucus à Saint-Hyacinthe, le mardi 8 septembre. Ils avaient également décidé de subir des tests parce qu'un employé présent à cette réunion a reçu un résultat positif.

La fin de leur quarantaine leur permet d'arriver à temps à Ottawa pour le discours du Trône. Mais ils y seront probablement sans leur chef. La conjointe d'Yves-François Blanchet a, à son tour, attrapé le coronavirus.

Mardi soir, M. Blanchet a annoncé la chose et a fait savoir qu'il subirait un test de dépistage mercredi. Sa conjointe Nancy Déziel, qui est conseillère municipale à Shawinigan, a fait savoir sur Twitter mardi que le seul symptôme qu'elle a, jusqu'à maintenant, est la perte du sens de l'odorat.

Retour du Parlement «de façon responsable»

Interrogé sur l'infortune de deux des quatre chefs de parti présents aux Communes, le premier ministre Justin Trudeau a insisté sur l'importance d'un retour aux travaux parlementaires.

«Je pense qu'on a beaucoup d'enjeux dont il faut discuter pour pouvoir mieux servir les Canadiens. Mais évidemment, en même temps, nous devons le faire de façon responsable», a-t-il dit en soulignant que d'accueillir 338 députés dans l'enceinte de la Chambre ne serait pas «responsable».

Il en a profité pour offrir, une fois de plus, l'argument en faveur du vote à distance des élus, en citant la situation des députés forcés de s'isoler pendant 14 jours.

«On sait qu'au cours des prochains mois nous allons avoir des situations où des gens vont devoir s'isoler en raison de contacts (avec des personnes infectées par le coronavirus) et on ne devrait pas pénaliser ces gens», a-t-il dit.