Le porte-parole d’Équité Outaouais pour les dossiers de santé, le Dr Gilles Aubé.

Équité Outaouais réclame un «projet de loi d'équité interrégionale»

Équité Outaouais déplore que le gouvernement ait « mis à l’étude » plusieurs projets régionaux sans attribuer de sommes précises pour assurer leur concrétisation et demande aux trois députés caquistes de la région de se faire « les promoteurs d’un projet de loi d’équité interrégionale ».

« Il n’y a à peu près rien dans le dernier budget pour l’Outaouais spécifiquement, dénonce le regroupement Équité Outaouais. Toutes les mesures du budget qui ont un intérêt pour notre région ne sont pas dédiées spécifiquement à nous, mais diluées dans le grand ensemble du Québec. Il n’y a absolument aucune garantie que ces montants nous reviendront. »

Le Plan québécois des infrastructures (PQI) contient pour sa part des projets pour l’Outaouais, qu’il s’agisse de l’amélioration de l’autoroute 50, de l’unification du campus de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), de l’ajout de lits d’hôpital ou du projet de train léger vers l’ouest de Gatineau.

Équité Outaouais souligne toutefois que les projets mis à l’étude dans le PQI « pourraient attendre encore dix ans ».

Le porte-parole d’Équité Outaouais pour les dossiers de santé, le Dr Gilles Aubé, estime que le gouvernement aurait pu agir plus rapidement pour faire avancer les promesses de ses élus de la région. « Malheureusement, on n’en voit pas les traces dans le budget », a dénoncé le Dr Aubé en conférence de presse.

Sa collègue Suzanne Tremblay, porte-parole d’Équité Outaouais pour les dossiers d’éducation, renchérit en soulignant que la situation est « urgente » et que les attentes régionales « étaient beaucoup plus grandes » que ce qui se retrouve dans le budget.

Équité Outaouais réclame ainsi que les trois députés de la Coalition avenir Québec (CAQ) de la région — Robert Bussière, Mathieu Lacombe et Mathieu Lévesque — militent pour qu’un projet de loi visant l’équité interrégionale voie le jour.

« Cela aurait le mérite de corriger définitivement le sous-développement de notre région, mais aussi des autres régions qui sont dans le même lot que l’Outaouais », plaide le regroupement. 

Le Dr Aubé souligne que tous « ont le droit d’avoir des soins à la hauteur des impôts qu’ils payent », et qu’il y a donc « une injustice profonde qui ne peut plus être tolérée par les citoyens de l’Outaouais ».

Il s’inquiète par ailleurs de l’échéancier pour la promesse caquiste d’ajouter 170 lits d’hôpital dans la région d’ici 2023. Le projet étant seulement inscrit à l’étude, « ça veut dire probablement un délai beaucoup plus grand que ça », a mentionné le Dr Aubé.

En éducation, Équité Outaouais plaide qu’au-delà de la mise à l’étude de l’unification du campus de l’UQO, l’établissement a besoin « de nouveaux programmes pour offrir une programmation universitaire digne de la quatrième plus grande ville du Québec », le tout dans le but de rapatrier les étudiants qui fréquentent des établissements de la rive ontarienne ou d’autres régions.

En matière de justice sociale, Équité Outaouais estime que « le plus grand perdant dans le budget est le logement abordable et le logement social », alors que la région « vit pourtant une véritable crise du logement avec un taux [d’inoccupation] de 1,2 % ».

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Lacombe demande du temps

«Les gens de l’Outaouais doivent absolument nous donner le temps de régler les choses», plaide le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe.

Invité à réagir à la sortie publique du regroupement Équité Outaouais sur le premier budget du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), M. Lacombe a indiqué au Droit qu’il «ne partage pas du tout» l’opinion selon laquelle les choses pourraient avancer plus rapidement pour différents grands projets régionaux.

Le ministre responsable de l’Outaouais soutient entre autres que la mise à l’étude au Plan québécois des infrastructures du «projet de nouvelle offre de services hospitaliers» dans la région représente «presque un exploit», dans la mesure où la CAQ n’a été élue qu’en octobre dernier.

Invitant la population à laisser «le temps» à son gouvernement pour faire progresser les dossiers prioritaires de la région, Mathieu Lacombe note qu’ils ne peuvent pas se régler d’un seul coup. «On se bat contre 40 ans de sous-financement chronique en Outaouais, dit-il. […]  Le message que je lance à Équité Outaouais, c’est que l’époque libérale est terminée en Outaouais, que l’époque où le gouvernement n’était pas parlable en Outaouais est terminée. Ma porte à moi est ouverte et s’ils souhaitent me parler, je suis ouvert à les rencontrer.»

Les représentants d’Équité Outaouais doivent d’ailleurs s’asseoir avec les trois députés régionaux de la CAQ à la fin du mois pour discuter des grands enjeux locaux.

En ce qui concerne le projet de loi réclamé par Équité Outaouais pour que les différentes régions du Québec obtienne leur juste part des dépenses publiques, le ministre Lacombe ne rejette pas l’idée du revers de la main, mais estime qu’il importe d’abord de terminer les travaux d’élaboration d’un plan d’action régional. «On peut se laisser le temps de voir ce que ça va donner», a-t-il mentionné.